La malédiction semble s’acharner sur Naomi Osaka à Melbourne. Deux jours après une victoire pourtant convaincante au deuxième tour face à la Roumaine Sorana Cîrstea, la Japonaise a annoncé ce samedi son forfait avant même de disputer son seizième de finale à l’Open d’Australie.
En cause : une déchirure abdominale, a confirmé l’organisation du tournoi.
À 27 ans, l’ancienne numéro un mondiale, aujourd’hui 17e au classement WTA, voit une nouvelle fois son parcours freiné net par un corps récalcitrant.
Cruelle ironie : l’an dernier déjà, Osaka avait dû abandonner au troisième tour face à Belinda Bencic pour un problème similaire aux abdominaux.
Cette fois, elle n’aura même pas eu l’occasion d’entrer sur le court pour tenter sa chance en deuxième semaine.
Sur ses réseaux sociaux, la Japonaise a expliqué sa décision avec une sincérité désarmante : « J’ai dû prendre la difficile décision de me retirer pour m’occuper de quelque chose dont mon corps a besoin après mon dernier match. J’étais tellement enthousiaste à l’idée de continuer, cette série de matches comptait énormément pour moi.
M’arrêter ici me brise le cœur, mais je ne peux pas prendre le risque d’aggraver la blessure si je veux pouvoir revenir sur le court. »
Ce nouveau coup d’arrêt vient rappeler combien le retour au plus haut niveau reste un chemin semé d’embûches pour Osaka, qui tente depuis plusieurs mois de retrouver non seulement son meilleur tennis, mais aussi une continuité physique et mentale.
À Melbourne, elle avait pourtant montré des signes encourageants, mêlant puissance, lucidité tactique et sérénité retrouvée.
Son forfait profite à l’Australienne Maddison Inglis, repêchée et propulsée en deuxième semaine sans jouer.
Pour Osaka, en revanche, c’est un nouveau rendez-vous manqué avec un tournoi qui ne cesse de lui rappeler la fragilité de l’équilibre entre ambition sportive et limites du corps.
À défaut de trophée, il lui faudra encore une fois faire preuve de patience — cette vertu cruelle que le sport impose aux plus grandes championnes.
Gérald Bordes
