L’Union des parents d’élèves progressistes d’Haïti (UPEPH) a rendu publics les résultats d’une enquête nationale réalisée entre juin 2025 et mars 2026 sur l’état des infrastructures scolaires publiques à travers le pays. D’emblée, le rapport dresse un constat jugé particulièrement préoccupant. En effet, plus de 200 établissements scolaires, incluant des écoles nationales et des lycées, nécessitent soit une reconstruction complète, soit une réhabilitation urgente.
Par ailleurs, l’organisation précise que l’enquête n’a pas pu couvrir l’ensemble des établissements en difficulté, en raison de contraintes d’accessibilité dans plusieurs zones reculées et enclavées du territoire national. De ce fait, l’UPEPH estime que l’ampleur réelle des besoins pourrait être encore plus importante que celle présentée dans le rapport.
Ouest : des infrastructures scolaires fortement dégradées
Dans le département de l’Ouest, et plus particulièrement dans l’archipel de la Gonâve, la situation des infrastructures scolaires demeure alarmante. En effet, plusieurs établissements fonctionnent dans des conditions très précaires.
Tout d’abord, le lycée de Pointe-à-Raquette reste inachevé. Ensuite, le lycée national d’Anse-à-Galets est toujours en ruine depuis le séisme du 12 janvier 2010. Le lycée national de Gromangle ne dispose pas de local propre et fonctionne dans les installations de l’école nationale de Gromangle. Enfin, le lycée Edmond Laforest voit ses travaux suspendus depuis plusieurs années, sans perspective claire de reprise.
En outre, plusieurs écoles fondamentales sont également touchées, notamment Fléo Gaspard, Dorcius Andie, Gran Vid, Trou Louis, Pointe Latanier, Petite Source et Saint Mare, lesquelles évoluent dans un contexte de forte précarité infrastructurelle et pédagogique.
Sud : 21 établissements à reconstruire
Dans le département du Sud, la situation reste tout aussi préoccupante. Selon l’UPEPH, 21 établissements nécessitent une reconstruction urgente. Parmi eux figurent notamment le lycée Philippe Guerrier des Cayes, ainsi que plusieurs écoles nationales, à savoir Jean Mary Ulysse, de Frédérique, des Anglais, des Platons, de Rendel, de Chantal, de Tiburon, de Carrefour et de Roche-à-Bateau.
Nord-Ouest : environ 27 établissements concernés
Dans le Nord-Ouest, la situation n’est guère plus reluisante. En effet, environ 27 établissements sont identifiés comme nécessitant une intervention urgente, principalement dans les zones de Bassin Bleu et Jean-Rabel. Ainsi, on retrouve notamment les écoles Colombier, Boisrond Tonnerre, Haut Moustique, Bony, Saval, Troissel, Baguette et Dominique Savio, ainsi que Carreau Datty et Champagne.
Nord : sept établissements prioritaires
Dans le département du Nord, sept établissements sont considérés comme prioritaires pour une reconstruction. Il s’agit notamment de Bouquerone Saint-Raphaël, Distour, Latannerie, Duloupe, Bois de Lance, Montagne Noire et Aria Port-Margot, tous confrontés à des difficultés structurelles importantes.
Nord-Est : des infrastructures en grande précarité
Dans le Nord-Est, la situation demeure également préoccupante. Ainsi, 26 établissements fonctionnent dans des conditions précaires ou sous des abris temporaires. Parmi eux figurent notamment Sabastiane, Bois Noel, Jean Price Mars, Catherine Flon, Grand Savane, Jean Robert Elie et Terre Rouge, entre autres établissements affectés.
Sud-Est : la situation la plus alarmante du pays
Le Sud-Est apparaît comme le département le plus touché du pays. En effet, selon le rapport, 60 établissements nécessitent une reconstruction complète, tandis que 35 autres requièrent une réhabilitation. Ces infrastructures sont réparties dans plusieurs communes, notamment Marigot, Bainet, Jacmel, Belle-Anse, Thiotte, Côtes-de-Fer et La Vallée.
Écoles nationales à reconstruire dans le Sud-Est : 60 établissements
Dans la commune de Marigot (9 établissements), on retrouve : École Nationale Bas Fond Jean Noël (Yombé Fond Jean Noël), École Nationale de Fond Jean Noël (Platon Chapelle), École Nationale Bas Corail Soult (La Hatte Corail), École Nationale Haut Macary (Seguin-Macary), École Nationale Fond Bourgeois, École Nationale L’Avenir, École Nationale Berry, École Nationale Décira et École Nationale Macary.
Dans la commune de Bainet (11 établissements), il s’agit de : École Nationale Garçon de Bainet, École Nationale de Fond Jean Noël (Platon Chapelle), École Nationale Dupé, École Nationale de Cadette, École Nationale de K-Gou, École Nationale de Belle Vue de Bainet, École Nationale de Bas des Gris-Gris, École Nationale Gros Morne, École Nationale de Dutete, École Nationale de Blaise et École Nationale de Bras de Lacroix.
Dans la commune de Jacmel (6 établissements), sont concernés : École Nationale de Découzé, École Nationale de Paul Lucienne, École Nationale de Bas Coq Chanté, École Nationale de Castel, École Nationale Pasquette et École Nationale Marbial.
Dans la commune de Belle-Anse (12 établissements), on recense : École Nationale de Caporal, École Nationale Ovigo Théodore, École Nationale Solon Estriplet, École Nationale de Terre Rouge, École Nationale de l’Anse-à-Bœuf, École Nationale Thony Lafond de Pichon, École Nationale de Nan Hateur, École Nationale de Bas Corail Lamothe, École Nationale Willerm Cajou, École Nationale de Nan Risque, École Nationale Laurent Jean Pierre et École Nationale de Bois de Lance.
Dans la commune de Thiotte (10 établissements), figurent : École Nationale de Mare-Joffrey, École Nationale de Fond Jeannette, École Nationale de Tête Source, École Nationale de Mare Blanche, École Nationale de Bas de Domace, École Nationale de Bleck, École Nationale de Dupuy, École Nationale de Marie Madeleine, École Nationale de Cary et École Nationale de Boulaille.
Dans la commune de Côtes-de-Fer (5 établissements), on retrouve : École Nationale Sergot Benoit de Gris-Gris, École Nationale de Dariol, École Nationale de Ricot, École Nationale de Cajou et École Nationale des Côtes-de-Fer.
Dans la commune de Cayes-Jacmel (5 établissements), il s’agit de : École Nationale de Laforgue, École Nationale Edzer David, École Nationale de Gaillard, École Nationale de Fond Melon et École Nationale de Michineau.
Enfin, dans la commune de La Vallée (2 établissements), sont concernés : École Nationale de Ternier et École Nationale de Lauture.
35 établissements des Écoles nationales à réhabiliter
Par ailleurs, 35 écoles nationales nécessitent une réhabilitation. Il s’agit notamment de : École Nationale Thomas Bruce (Jacmel), École Nationale Carrefour Pingo (Jacmel), École Nationale Découze (Jacmel), École Nationale Morija (Jacmel), École Nationale Coronel (Jacmel), École Nationale Magloire Ambroise (Jacmel), École Nationale Paul Lucien (Jacmel), ainsi que d’autres établissements tels que École Nationale de Thiotte, Boulaille, Bas Collines, Marmirande, Marie Madeleine, Bresillienne, Trou Mahot, Garçons de Bainet, Bellelamy, Complète de Meyer, Gris-Gris, des Côtes-de-Fer, de la Biche, Congréganiste Saint-Joseph, de l’Unité de Macary, des Cayes-Jacmel, Lavanneau, Dade, Duvillon, Bréman, Travette, Haut Fort, Cap-Rouge, Raymond, L’Avenir, Peredo, Fond Bourgeois et Savane Dubois.
Grand’Anse : dégâts liés aux catastrophes naturelles
Dans la Grand’Anse, la situation s’explique en grande partie par les catastrophes naturelles, notamment le passage du cyclone Melissa en octobre 2025. Ainsi, plusieurs établissements sont affectés, dont Plaine Marie, Milfort, Bellevue, Goudin, Saint Étienne, Despagne, Platon ainsi que le lycée de Duchity, tous considérés comme prioritaires.
Arrondissement de La Gonâve : une situation critique et persistante
L’arrondissement de La Gonâve comprend 31 écoles nationales et 4 lycées, dont la majorité évolue dans un état de dégradation avancée.
D’une part, le lycée national d’Anse-à-Galets, construit entre 2001 et 2003, a été gravement endommagé lors du séisme du 12 janvier 2010 et n’a jamais été reconstruit. D’autre part, le lycée de Pointe-à-Raquette est inachevé et fonctionne dans les locaux d’une ONG. De plus, le lycée de Gromangle ne dispose pas de bâtiment propre, tandis que le lycée Edmond Laforest voit ses travaux interrompus depuis plusieurs années.
En parallèle, plusieurs écoles font face à un déficit important d’enseignants et d’infrastructures. Par exemple, Fléo Gaspard fonctionne dans une maison abandonnée après expulsion de son local, Dorcius Andie dispose d’un terrain sans construction, Grand Vid et Trou Louis comptent seulement 3 enseignants nommés chacun, tandis que Pointe Latanier et Petite Source ne disposent d’aucun enseignant nommé. Saint-Mare, quant à elle, ne compte que 2 enseignants nommés.
Enfin, d’autres établissements sont également en grande difficulté, notamment Les Abricots et Thamarin qui n’ont aucun enseignant nommé, Palma qui en compte 5, et Cape qui n’en dispose d’aucun.
Dans la zone de Picmy, l’École Notre-Dame de Lourdes, construite par la diaspora, ne dispose ni d’enseignants ni de bancs scolaires. À Petit-Anse, une école fonctionne dans une église avec un seul enseignant nommé. De même, Grand Lagon fonctionne également dans une église, sans local propre, avec un directeur non nommé.
L’organisation souligne également le travail de ses coordonnateurs départementaux et remercie les acteurs éducatifs du Nord-Est ayant signalé six établissements supplémentaires en situation critique dans la commune de Sainte-Suzanne : Fon Ble, Mokanès, ROKE, Dozak, Kamiza et Kawa.
Face à cette situation préoccupante, l’Union des Parents d’Élèves Progressistes d’Haïti (UPEPH) lance un appel urgent aux instances étatiques concernées afin de prendre les dispositions nécessaires en vue de la reconstruction et de la réhabilitation des infrastructures scolaires publiques en état de dégradation avancée à travers le pays.
Modeline Youte
