Le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, a rencontré la Commission nationale de désarmement, de démantèlement et de réinsertion (CNDDR), ainsi que des partenaires internationaux d’Haïti, dont le BINUH, l'OIM et l'UNICEF. Les discussions ont porté sur la volonté du gouvernement de rétablir la sécurité, mais aussi sur la mise en place effective de la CNDDR.
Lors de cette rencontre, le chef du gouvernement a réaffirmé son engagement à intensifier les opérations des forces de sécurité, dans le but de reprendre le contrôle des zones occupées par les groupes armés qui occupent plus de 80% de la zone métropolitaine de Port-au-Prince.
« Le Gouvernement entend consolider cette dynamique par une action complémentaire, fondée sur une articulation claire entre la répression des activités criminelles et une politique rigoureuse de réinsertion », peut-on lire dans un communiqué publié par la Primature en date du 18 mars.
Dans ce contexte, le Premier ministre a rappelé que l’enrôlement des jeunes au sein des groupes armés constitue une atteinte grave à l’ordre public et à l’avenir de la Nation. Il a souligné que l’État ne saurait tolérer qu’une génération entière soit détournée de son destin par des réseaux criminels organisés. Dans cette même logique, le gouvernement entend proposer des alternatives crédibles à ces jeunes, à travers des dispositifs encadrés de réinsertion, visant notamment les enfants, les adolescentes et les femmes exposés à l’influence de ces groupes. D'après le chef du gouvernement, la réinsertion est donc essentielle dans la lutte contre l'insécurité. « Elle s’inscrit dans une stratégie globale où la justice demeure pleinement mobilisée pour traquer, poursuivre et sanctionner tous ceux qui se rendent coupables d’actes criminels », a-t-il déclaré.
À cet effet, le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Me Patrick Pélissier, a reçu des instructions claires en vue de renforcer l’action publique contre la criminalité. Le déploiement de pôles judiciaires sur l’ensemble du territoire national viendra soutenir cette exigence d’efficacité et de fermeté dans l’application de la loi, a mentionné le bureau de communication de la Primature dans son document.
De son côté, Guerda Prévilon, présidente de la Commission nationale de désarmement, démantèlement et réinsertion (CNDDR), est chargée de définir les stratégies opérationnelles en vue de la réinsertion. Elle aura notamment pour mission de mettre en place des infrastructures d’accueil sécurisées, des programmes de formation ainsi que des dispositifs d’accompagnement économique pour les jeunes anciennement enrôlés dans les groupes armés.
Cette rencontre qui a réuni des acteurs locaux, s’est tenue également en présence de plusieurs partenaires internationaux, dont le chef du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), Carlos R. Massieu, ainsi que des représentants de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), de l’UNICEF, de l’Union européenne, du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), de l’UNESCO et de l’UNOPS. Tous ont réaffirmé leur détermination à soutenir les efforts de l’État haïtien pour le rétablissement de la sécurité dans le pays.
De son côté, le gouvernement s’engage à rétablir l’autorité de l’État, à lutter contre les groupes armés afin de reprendre le contrôle des quartiers, à permettre aux habitants de regagner leurs domiciles, et à offrir un accompagnement adapté aux jeunes concernés par les programmes de réinsertion.
Oberde Charles
