Dans un rapport daté du 13 janvier 2025, le Secrétaire général de l’ONU dresse un tableau sombre de la situation chaotique en Haïti. Ce document, examiné lors de la 9844e séance du Conseil de sécurité des Nations Unies ce 22 janvier 2024, indique l’impact dévastateur des violences perpétrées par les gangs armés. Il souligne également les atrocités subies par les femmes, les filles et les enfants, ainsi que les graves violations des droits humains.
Lors de cette séance, Maria Isabel Salvador, représentante spéciale du Secrétaire général et chef du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), a tiré la sonnette d’alarme sur l’emprise croissante des bandes armées, malgré les efforts de la Police nationale haïtienne (PNH).
Suivant le rapport du Secrétaire général, les violences des gangs ont causé la mort de plus de 5 000 personnes en 2024. António Guterres a condamné fermement les massacres survenus à Wharf Jérémie, à Cité-Soleil, et à Petite-Rivière-de-l ’Artibonite, qualifiant ces actes de brutaux et de traumatisants pour la population haïtienne.
Dans le rapport, António Guterres alerte sur une crise humanitaire sans précédent. Les violences sexuelles, y compris les viols collectifs, et le recrutement forcé d’enfants par les bandes armées accentuent les vulnérabilités des femmes et des enfants. Le Secrétaire général appelle à un renforcement urgent des mécanismes de protection et à un accompagnement accru pour les survivants.
Le rapport mentionne également l’impact des ratés du processus politique. António Guterres rappelle que le pays est dans sa quatrième année de transition depuis l’assassinat de Jovenel Moïse en 2021. La feuille de route de la transition avance à un rythme inquiétant, menaçant l’objectif de rétablir les institutions démocratiques d’ici février 2026. Le Secrétaire général insiste sur l’importance de la révision de la Constitution et de l’organisation d’élections inclusives.
Un appel au renforcement des forces de sécurité
Toujours dans le rapport, António Guterres dénonce l’incapacité de la PNH à contenir les gangs, faute de moyens humains et financiers suffisants. Il appelle le gouvernement haïtien à prioriser le financement des forces de sécurité et à renforcer leurs effectifs. Le Secrétaire général indique également le rôle clé de la Mission multinationale d’appui à la sécurité, qui peine à atteindre sa pleine capacité opérationnelle.
À cet effet, António Guterres, a fait savoir que tout retard supplémentaire dans le soutien à la PNH et à la Mission multinationale pourrait provoquer un effondrement total des institutions nationales de sécurité. Aussi, le rapport met en garde contre le risque de voir les gangs prendre le contrôle complet de la capitale et de ses infrastructures stratégiques, compromettant ainsi les opérations humanitaires et internationales en Haïti.
« Si de nombreuses écoles ont ouvert leurs portes, environ 900 établissements scolaires sur près de 20 000 sont restés fermés ou à l’arrêt. Cela est dû à des attaques armées, des craintes de violences ou encore parce que certaines écoles ont été réaménagées en abris pour familles déplacées, mentionnant qu'en juin 2024, une augmentation de 20 % des établissements fermés par rapport à la même période l’année précédente.
« La collaboration régionale est essentielle pour stabiliser Haïti », a souligné António Guterres dans son rapport. « Je salue les efforts de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) et des partenaires internationaux, et j’appelle à une unité nationale ainsi qu’à des solutions inclusives pour sortir le pays de cette impasse sécuritaire et politique. », a-t-il ajouté précisant qu’il est urgent de mobiliser toutes les forces disponibles pour garantir un avenir plus sûr et stable au peuple haïtien.
Vladimir Predvil
