La délégation gouvernementale qui devait visiter le canal sur la Rivière Massacre est arrivée ce jeudi à Ouanaminthe. Composée du ministre de l’Environnement, du ministre de l’Agriculture et du titulaire du ministère du Commerce et de l’Industrie, cette délégation a rencontré le comité du canal pour discuter de l’assistance technique et scientifique ainsi que d’autres formes de soutien que le gouvernement souhaite apporter à la réalisation des travaux.
À travers ses diverses prises de position, le gouvernement haïtien dirigé par le Premier ministre Ariel Henry a plusieurs fois rappelé aux autorités dominicaines qu’Haïti a le droit inaliénable d’exploiter de façon équitable ses ressources hydriques partagées avec la République dominicaine. Dans le cadre de ce conflit qui existe entre les deux pays en raison de la construction du canal sur la Rivière Massacre, les autorités haïtiennes ont parallèlement soutenu que c’est par le dialogue qu’il faut mettre fin à ce conflit. Pendant longtemps, des observateurs ont critiqué le régime pour son manque d’implication dans le déroulement de ces travaux.
Ce jeudi, la délégation gouvernementale qui a visité le canal et rencontré les membres du comité du canal est composée du ministre du Commerce et de l’Industrie, M. Ricardin Saint Jean, du ministre de l’Environnement, M. James Cadet, de M. Charlot Bredy, ministre de l’Agriculture, et du directeur général du Centre national de l’information géospatiale (CNIGS), Boby Emmanuel Piard. Les discussions portent sur l’assistance technique et scientifique du gouvernement, ainsi que sur les autres soutiens financiers et matériels qui peuvent contribuer à la finalisation des travaux du canal.
Malgré la colère des autorités dominicaines face à ces travaux, qui ont conduit le président dominicain à adopter des mesures assez dures à l’égard des migrants haïtiens et au commerce frontalier entre les deux peuples, la société civile haïtienne reste mobilisée quant à cette initiative.
Pour la réouverture des frontières, des organisations de défense des droits des migrants comme la Fondation Zile et le Groupe d’Appui aux Rapatriés et aux Réfugiés réclament, entre autres, un dialogue entre différentes parties prenantes dans un souci de transparence afin de rétablir de très bonnes relations entre les deux pays de l’île. Parallèlement, des organisations paysannes dans le Nord'Est exigent du gouvernement dominicain de meilleurs traitements aux migrants haïtiens et un commerce équilibré entre les deux pays au niveau de la frontière et dans les différents points frontaliers.
Le Gouvernement de la République d’Haïti, pour sa part, dans un communiqué publié au début de ce mois d’octobre, a fait savoir qu’« un dénouement ne sera considéré comme convenable que s’il permet le partage équitable des ressources hydriques, la normalisation des relations entre les deux pays et le retour à la circulation des personnes et des biens des deux côtés, comme c’était le cas entre les deux Républiques avant la fermeture unilatérale du 15 septembre. »
En effet, si les autorités dominicaines ont procédé à la réouverture de leurs frontières depuis quelques jours afin de favoriser un couloir humanitaire entre les deux pays, tout en souhaitant un arrêt des travaux du canal, à Ouanaminthe, des organisations paysannes et d’autres membres de la société civile s’y opposent ouvertement.
Wideline Pierre, la porte-parole du comité du canal a indiqué que l’objectif était de finaliser les travaux et de procéder à son inauguration le 18 novembre prochain, date commémorant la bataille de Vertières où les indigènes ont combattu l’armée napoléonienne.
Oberde Charles
