Écrire à la rédaction
Radio Pacific 101.5 fm
Tribune

Le combat contre la corruption en Haïti : contraste ou réalité ?

Le combat contre la corruption en Haïti : contraste ou réalité ?

« La corruption de chaque gouvernement commence toujours par celles des principes » (Montesquieu, De l’esprit des lois, 1748).

La corruption est sans ambages le mal endémique de l’histoire de notre société. Il n’y a pas une seule période dans notre histoire où on ne retrouve pas de trace indélébile de corruption. Depuis sa naissance, l’État haïtien est perçu comme une entité corrompue où on prône le gain facile et l’enrichissement illicite. Quoique certains dirigeants ont parfois essayé de mettre un peu d’ordre dans l’Administration publique, la situation demeure à date inchangée. Ce fardeau colonial a mis en péril plus d’une fois le projet de développement du pays et a contribué grandement à la situation de pauvreté de ce peuple. La corruption est devenue au fil du temps, l’un des vices les plus enracinés de l’Administration publique haïtienne. Voler l’État a toujours été considéré comme un acte d’autorité, car ce sont les hauts fonctionnaires pour la plupart qui jouissent de cet acte qu’on considère comme un privilège quoiqu’il nuise au bien-être de la population haïtienne et la plupart des crises qu’a connues le pays ont été en quelques sortes causées par des gens qui voulaient arriver au pouvoir ou dans la fonction publique pour s’enrichir au détriment du trésor public. Le fléau de la corruption est mondial et il entraîne des conséquences désastreuses pour l’humanité, mais en Haïti, c’est toute une nation qu’il a réduite à néant. La dilapidation des fonds publics a non seulement privé le pays des infrastructures nécessaires pour son développement, mais également détruit l’existence d’une jeunesse en particulier et les institutions étatiques en général. Une Chose qui n'est pas tout à fait étonnante, car Haïti tout au long de son histoire a toujours été un pays où règne l’impunité absolue pour les hauts fonctionnaires. Au moment où on s’apprête à rédiger ce texte, Haïti est encore la terre des corrompus. Une triste réalité qui se confirme par le rapport même de Transparency International sur l’indice de perception de corruption de 2022 qui classe Haïti parmi les pays les plus corrompus du monde (171/180) et la positionne comme le plus corrompu de la Caraïbe. Donc, en notre qualité d’observateur et acteur du système judiciaire haïtien, on ne peut pas laisser passer cette montée impressionnante de la corruption dans le pays et ceci à travers toutes les institutions de l’Administration publique sans faire des remarques pour nos lecteurs.
1-    Les grandes divisions du secteur de l’Administration publique
Le secteur de l’administration publique comprend ; l’administration publique centrale de l’État, l’administration publique locale décentralisée ou territoriale et l’administration publique déconcentrée de l’État. Au sens fonctionnel ou matériel, l’Administration publique a pour but la réalisation des besoins d’intérêt général de façon désintéressée. Au sens organique, l’on détermine l’ensemble des organes et du personnel qui ont pour fonction la conduite et l’exécution des taches publiques. L’Administration publique est donc l’ensemble des structures, du personnel et des moyens que l’État met en œuvre en vue de fournir aux usagers certaines prestations nécessaires. Administrer signifie servir. Il y a l’administration publique et l’administration privée, celle du public est sous le contrôle de l’État qui devrait fournir des services en toute probité. Malheureusement, la corruption, un fléau qui, à travers les institutions, pousse les agents publics à travailler à l’encontre des principes de déontologie de l’administration. La corruption c’est quoi ? Quelles sont ses conséquences sur l’administration et ses répercussions sur la société ?   


2-    La corruption, la définition 
La corruption par définition est la perversion ou le détournement d’un processus ou d’une interaction avec une ou plusieurs personnes dans le dessein, pour le corrupteur, d’obtenir des avantages ou des prérogatives particulières ou, pour le corrompu, d’obtenir une rétribution en échange de sa complaisance. Ces définitions nous permettent de voir l’origine de la corruption à travers les acteurs de l’administration publique de l’État. Attention à ne pas la confondre avec le blanchiment des avoirs qui est un fait ayant rapport aux crimes économiques et financiers, étant une infraction non violente dont la conséquence est une perte pour le trésor public et même pour l’institution financière. On peut dire aussi qu’il s’agit « d’action non violente qui aboutit à la prise, au déplacement, à la dissimulation puis au déguisement illicite de somme d’argent ou de biens de valeur au moyen de la ruse, de l’artifice ou de la tromperie au profit de l’auteur ou du tiers ».


3-    Les instruments juridiques de la lutte contre la corruption

Si vous avez déjà créé un compte, connectez-vous GRATUITEMENT pour lire la suite de cet article.

Connectez-vous

Pas encore de compte ? Inscrivez-vous

0 commentaire

Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.

Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.

Se connecter Créer un compte

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.

À lire également

Toute la rubrique Tribune

Alertes du National

Recevez une notification sur votre téléphone ou votre ordinateur dès qu'un article paraît dans les rubriques de votre choix. Gratuit, avec votre compte lecteur.

Rubriques à suivre