La société du mépris
On en a assez crie-t-on tous les jours. Il faut s’attaquer au système, dit-on, parce qu’il a causé beaucoup de torts à la jeunesse et aux paysans. Il faut que ça change est plus qu’un simple slogan politique, mais un projet de société qui traduit la fin de la société où l’âne travaille, le cheval en tire les gallons » pour qu’advienne une société égalitaire, « la fin de l’État massacreur » pour que soit possible la construction d’une communauté solidaire, « la fin des politiques de liquidation nationale », en vue de la reconquête de la souveraineté nationale.
On se plaint depuis deux siècles d’un État qui se ligue quotidiennement contre les intérêts des masses désabusées au profit d’une minorité possédante que Frantz Fanon appelle ironiquement dans “les damnés de la terre” la bourgeoisie nationale pour critiquer le comportement de la bourgeoisie algérienne qui s’était mise en face du mouvement libertaire de l’Algérie. En effet, la situation n’est pas différente en Haïti. La bourgeoisie traditionnelle nationale à dominance mulâtre ne se voit pas comme un élément de la société haïtienne qui doit travailler à sa grandeur et à sa prospérité, mais se considère comme une nation dans la nation avec un projet différent de celui des masses endolories, d’où le sens de l’expression de Jean Casimir:
Dialogue entre les sourds.
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