La Constitution, barre de direction de la Nation
Quand l’arène politique est comparée au monde sportif, la constitution est souvent décrite comme étant la « règle du jeu ». Cette allusion évoque la confrontation entre des équipes admises à participer à une compétition globale, programmée selon un calendrier adopté par des autorités reconnues par les tenants d’un secteur sportif. Ces équipes sont appelées à s’affronter deux par deux sur un terrain déterminé et sous l’autorité d’un arbitre désigné à l’effet d’assurer le respect des principes régissant le déroulement adéquat de chaque compétition ; ce, jusqu’à la détermination régulière d’un champion final.
Cette illustration du rôle de la charte fondamentale d’un pays pourrait convenir à n’importe quel régime politique, même à un régime despotique, une République n’étant pas toujours à caractère démocratique. L’histoire d’Haïti ne regorge-t-elle pas de tels cas dont le dernier exemple remonte à la constitution de 1957 ? L’une de ses dispositions transitoires stipulait clairement ceci : « Le mandat de l’actuel Président de la République élu le 22 septembre 1957 prendra fin le 15 mai 1963 ». Toutefois, le docteur François Duvalier dont il s’agissait lors, allait instaurer une dictature dont la structuration brutale devait s’imposer notamment par le biais de manipulations constitutionnelles et législatives.
Il a fallu près d’une trentaine d’années avant que la constitution de mars 1987 ne vienne indiquer une voie vers un système démocratique. Trente-cinq ans plus tard, il y a lieu de questionner les causes et conséquences du non-suivi du chemin tracé.
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