Écrire à la rédaction
Radio Pacific 101.5 fm
Tribune

Capture de Maduro : un ordre international sans arbitre !

Capture de Maduro : un ordre international sans arbitre !

Le coup de force de l’homme aux cheveux jaunes, Donald Trump, nous montre que le droit et la morale ne sont que des habillages quand ils ne sont plus soutenus par la force.
En 1992, j’avais soutenu un DEA à l’Académie diplomatique internationale de Paris. Le titre, aujourd’hui, sonne comme une prophétie devenue farce : « Les États-Unis ou les Nations unies ». À l’époque, on faisait encore semblant. L’ONU jouait le rôle d’une cathédrale diplomatique, vitrine solennelle d’un ordre international prétendument régulé par le droit, la morale et la coopération multilatérale. En réalité, le bâtiment était déjà vidé de sa substance. Une coquille institutionnelle. Un décor de théâtre où se jouait une pièce dont personne ne croyait plus le texte.
Avec les événements récents, en particulier avec l’enlèvement du président vénézuélien, Maduro, la fiction s’est définitivement effondrée. Les Nations unies n’ont pas failli : elles ont cessé d’exister comme force politique réelle. Le « grand machin » dont parlait de Gaulle est mort : non pas assassiné, mais décomposé de l’intérieur, rongé par son inutilité structurelle, vidé de toute capacité d’intervention significative. Un cadavre diplomatique maintenu debout par l’inertie bureaucratique et les discours rituels.
Et pourtant, les professeurs de droit international, de diplomatie et de géopolitique continuent d’enseigner, comme si le monde obéissait encore aux manuels, comme si la norme juridique comptait plus que le rapport de force brut, comme si le droit international survivait à l’indifférence cynique des puissants.
Les Haïtiens adeptes du réalisme

Plus grave encore sont ceux qui enseignent en Haïti. Des adeptes fanatiques du réalisme. Des réalistes invétérés. Des prêtres zélés du culte de la realpolitik. Ils citent Hans Morgenthau et Kenneth Waltz comme on récite un catéchisme. Ils expliquent, doctement, que la morale n’a pas sa place dans l’arène internationale, que la puissance structure tout, que l’injustice est une donnée invariable du système, qu’il faut accepter le monde tel qu’il est et non tel qu’on voudrait qu’il soit.

Mais dans cette gymnastique intellectuelle, ils oublient une chose essentielle, presque comique dans sa tragédie : ils sont haïtiens. L’histoire ne leur a laissé aucun choix sur leur position dans l’échiquier mondial. Ils sont nés du côté des vaincus, des dominés, des nations perpétuellement soumises aux caprices des empires. Ils sont, qu’ils le veuillent ou non, tiers-mondistes par structure historique, produits directs d’un ordre international qui punit l’émancipation et récompense la prédation.

Si vous avez déjà créé un compte, connectez-vous GRATUITEMENT pour lire la suite de cet article.

Connectez-vous

Pas encore de compte ? Inscrivez-vous

0 commentaire

Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.

Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.

Se connecter Créer un compte

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.

À lire également

Toute la rubrique Tribune

Alertes du National

Recevez une notification sur votre téléphone ou votre ordinateur dès qu'un article paraît dans les rubriques de votre choix. Gratuit, avec votre compte lecteur.

Rubriques à suivre