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La fabrication des ennemis d'État dans les fausses démocraties 

La fabrication des ennemis d'État dans les fausses démocraties 

À l'opposé de ce qui se fait dans le régime de pseudo démocratie haïtienne,  l'exigence ultime de toute démocratie fondée sur les principes des droits de l'homme et du citoyen, c'est la vérité comme fondement de la communication entre les citoyens et entre ceux-ci et les gouvernants. Cette vérité doit favoriser la confiance et le droit à la justice dans les situations de dommage et de préjudice. C'est pourquoi le serment qui engage à témoigner au nom de la vérité et l'aveu dans le procès juridique sont nécessaires pour garantir la certitude sur l'innocence et la culpabilité des justiciables. Mais, dans les démocraties où les citoyens, qu'ils aient le statut du gouverné ou celui du gouvernant, ne sont pas vertueux ou du moins continents pour refouler leurs vices, l'innocence et la culpabilité n'ont pas de frontière et sont souvent des objets de confusion et de la mauvaise foi. Et cela s'explique par des causes liées aux passions et aux intérêts égoïstes et mesquins des hommes et des femmes qui vivent dans ces formes caricaturées de la démocratie. Quelles sont donc ces causes pour les analyser et comprendre leurs effets négateurs pour le respect des droits du citoyen et pour la promotion d'une démocratie fondée sur la transparence des comportements de ses promoteurs et ses bénéficiaires?

La démocratie semble, au regard des principes qui doivent la fonder, s'affirmer contre la raison d'État qui peut se passer de la transparence et de la vérité. C'est pourquoi, il est souhaitable de trouver cette correspondance platonicienne entre les vertus des citoyens et celles de la cité, et  la vertu des gouvernants. Cela rend improbable tous les actes qui pourraient menacer la sureté de l'état, et donc engager les autorités dans la voie détournée des principes du droit et de la transparence, pour agir au nom de la raison d'État, avec tous les moyens artificieux que cela implique.

Dans le cas d'Haïti, où les citoyens ont reçu une éducation lacunaire des vertus et où la morale et la justice ne peuvent contribuer à favoriser le comportement de continence chez eux, se soustraire des normes légitimatrices  de l'action sociale à une récurrence. Cette déviance, susceptible de créer l'état d'anomie sociale, comme cela est observable dans certains points géographiques d'Haïti, est néfaste pour l'harmonie entre le commandement et l'obéissance, l'action gouvernante et la confiance citoyenne, entre l'acteur du pouvoir et la source de sa légitimité. Aussi, la nécessité d'un regard de vigilance et d'un discours critique sur les réactions du pouvoir étatique, face à cette situation de conflits qui s'enracinent dans un mode d'organisation sociétale et des mécanismes défectueux de socialisation, doit être urgente et permanente. Malheureusement en Haïti, cette vigilance et cette critique n'existent guère. C'est pourquoi les réactions de l'état contribue plus à criminaliser des comportements dont il est le principal responsable. Des comportements qu'il devrait sanctionner pour les corriger à des fins de réintégration sociale.

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