Au chemin des élections
Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé s’est une fois de plus drapé dans le manteau de la responsabilité nationale, réunissant, à la Primature, tout ce que la République compte de forces vives, de bailleurs et de conseillers pour « accélérer le processus électoral ». L’intention est noble. Le discours est rodé. Mais derrière les formules de beaux discours, se cache une question lamentable : alors qui tient vraiment les rênes du destin électoral d’Haïti ?
Car, à force de parler de souveraineté, on en fait presque un slogan publicitaire. Les millions versés au basket fund du PNUD, les tables sectorielles et celle de bailleurs ressemblent moins à des leviers d’autonomie qu’à des béquilles diplomatiques. L’État se félicite de son « effort budgétaire », mais confie l’âme de son processus électoral à la communauté internationale. De quoi parle-t-on alors? On se veut maître du jeu, tout en jouant sur un terrain balisé par d’autres.
Le Premier ministre prêche la crédibilité et l’inclusivité, mais la population, elle, reste spectateur d’une mise en scène technocratique. Les chiffres s’accumulent — 70 millions de dollars déjà dépensés, trois milliards de gourdes promises — pendant que la misère politique se mesure en désillusion et en méfiance. L’argent circule. La confiance non.
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