Le mot du droit
Les élections haïtiennes de 1987 à nos jours, un vrai casse-tête
Le suffrage universel est, pour reprendre Victor Hugo, l’expression la plus noble de la démocratie, ce moment où le peuple retrouve sa dignité et sa puissance souveraine. Mais en Haïti, ce bel idéal reste difficile à faire vivre. Que faire ?
Si la Constitution de 1987 a permis à la société haïtienne de se sentir concernée par cette vérité, depuis dix ans, elle n’attend que le jour des élections pour participer à cet immense défi démocratique. Ironie du sort : les plus faibles deviennent encore plus vulnérables durant cette attente, nourrissant l’illusion d’être partie prenante de la souveraineté nationale.
Quoi qu’il arrive, un jour ou l’autre, ils entreront dans leurs bureaux de vote pour en sortir avec l’espoir d’avoir contribué, d’une manière ou d’une autre, à l’avenir du pays.
C’est pourtant la première fois depuis 1987 que, malgré les difficultés sociales et économiques accablantes, les conditions requises pour voter paraissent aussi incertaines — fragilisées encore davantage par les faiblesses structurelles du Conseil électoral provisoire (CEP).
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