Écrire à la rédaction
Radio Pacific 101.5 fm
Tribune

Hayti : La République du possible

Hayti : La République du possible

Hayti se tient aujourd’hui au seuil d’un gouffre où l’histoire sociopolitique semble se dévorer elle-même. République proclamée, mais non vécue à la dimension de sa gloire jusque-là. État écrit, mais non incarné comme le voulait le père de la Patrie, le réalisateur de l'égalité de/pour tous les genres du monde. Nation rêvée, mais jamais réalisée en justice-sociale. À chaque aurore, c’est un crépuscule prématuré qui s’impose. L’éclat des mots s’éteint devant l’implacable nudité des faits : insécurité rampante, institutions exsangues, gouvernance disloquée, CPT pété sans répit.

En revanche, il nous reste une arme fragile mais décisive : la pensée. Penser Hayti, c’est refuser son anéantissement face à l'ordre subordinatif de l’international. C’est oser la nommer au moment même où elle se défait au terrorisme d’en haut. Ce texte n’est ni consolation ni pamphlet. Il est égal constat Un cri. Une tentative de lucidité au milieu des décombres de la criminalité douce des forces économiques.

De la République de papier à la République de cendres
           
 L’histoire récente d’Hayti (2021-2025) pourrait se résumer en une lente descente aux enfers. Les lois s’empilent comme des parchemins sacrés dont nul ne respecte les commandements. Les gouvernements passent. Des chefs d'État se succèdent. Certains se contredisent. d’autres se balancent. Et l’État demeure un spectre. Une fiction juridique bien modelée. Une façade craquelée par l’épreuve du réel. Ce pays qui a su donner le rare exemple de la réalisation de l'égalité de tous les hommes et de toutes les femmes, vit dans une tension permanente entre le texte de lois et le terrain d'exécution. Les lois disent une chose, les pratiques en dictent une autre. La République, telle qu’annoncée, n’est plus qu’un mot creux. Bastion de liberté pour tous et pour toutes. Sur du papier, se proclame démocratique et sociale ; dans la réalité, elle n’est qu’un marché d’intérêts, une foire d’illusions pour la population en termes de justice-sociale, une tragédie sans metteur en scène pour les plus vulnérables.

Si vous avez déjà créé un compte, connectez-vous GRATUITEMENT pour lire la suite de cet article.

Connectez-vous

Pas encore de compte ? Inscrivez-vous

0 commentaire

Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.

Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.

Se connecter Créer un compte

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.

À lire également

Toute la rubrique Tribune

Alertes du National

Recevez une notification sur votre téléphone ou votre ordinateur dès qu'un article paraît dans les rubriques de votre choix. Gratuit, avec votre compte lecteur.

Rubriques à suivre