Les Etats-Unis, un acteur incontournable mais ambigu, dans la résolution de la crise sécuritaire d’Haïti
Ce texte est un résumé-analyse de l’interview accordée par l’économiste et politologue Joseph Harold Pierre à la journaliste Marie-Lucie Bonhomme à la Radio Vision 2000, le mercredi 24 septembre.
L’action des États-Unis dans la crise sécuritaire haïtienne, bien que déterminante, présente un ensemble de limites qui en réduisent la portée et la crédibilité, tant sur le plan militaire que politique, économique et éthique.
Sur le plan structurel et militaire, Washington dispose des moyens nécessaires pour neutraliser rapidement les gangs armés qui contrôlent une grande partie de Port-au-Prince. Toutefois, il privilégie une approche de « leadership à distance », c’est-à-dire le financement et la coordination diplomatique, mais sans intervention directe de troupes. Si cette stratégie réduit les risques politiques et militaires pour le gouvernement américain, elle limite cependant l’efficacité opérationnelle de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS). De plus, le refus des Etats-Unis de porter tout le fardeau financier de la quête de solution à la crise sécuritaire d’Haïti, bien que compréhensible, va ralentir le déploiement de l’éventuelle Force de Suppression des Gangs (FSG). Cette position peut exercer des conséquences négatives sur la réussite de ladite force, il n’est pas réaliste que les autres partenaires financiers vont aborder plus ressources à la FSG qu’à la MMAS.
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