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Les voyageurs de la souveraineté perdue

Les voyageurs de la souveraineté perdue

Le départ du chef d’État de facto de la République d’Haïti, Laurent Saint-Cyr, s’est fait pour la grande messe onusienne avec, dans ses bagages, pas moins de trente-cinq personnes. La première question est toute simple et limpide : pourquoi faire ?

Deuxième question : à quoi bon voyager si l’on n’a pas dans ses besaces quelques rendez-vous diplomatiques, qui sont la crème d’une assemblée générale ? L’essence même de ce marché diplomatique onusien, chaque année, est de permettre à chaque État de partager ses expériences en matière de gouvernance.

La délégation haïtienne — le plus fourni si l’on compte les deux missions déjà sur place à New York — totalise plus de cinquante personnes. Celle-ci ressemble moins à une mission diplomatique qu’à une caravane de noces ou à un carnaval déplacé. Là où la France, puissance mondiale, se contente d’une douzaine de représentants, dont plusieurs déjà sur place, nous, petit pays exsangue, exhibons une troupe plus fournie qu’une procession de rara.

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