Haïti face aux États-Unis : la main étrangère qui étrangle
Il est des moments dans la vie d’un peuple où l’histoire frappe à la porte comme un créancier impitoyable, rappelant les dettes impayées du passé. Haïti vit aujourd’hui l’un de ces instants où les masques tombent et où l’on aperçoit, derrière les sourires diplomatiques, les crocs d’un prédateur.
Les rumeurs, qui souvent ne sont que la fumée des vérités qui brûlent, laissent entendre qu’un accord aurait été signé entre le Premier ministre haïtien et des mercenaires américains, sous la bannière du groupe d’Erik Prince. L’économiste Fritz Jean, avec gravité, a nié en avoir été informé. Mais que l’accord soit vrai ou non, peu importe presque : il illustre à merveille la logique séculaire qui gouverne la relation entre Haïti et les États-Unis.
Appeler Prince et ses hommes des mercenaires est une litote. Ils ne sont pas des mercenaires, mais les ombres portées du Pentagone, les supplétifs de l’aigle américain, envoyés pour exécuter les basses œuvres là où le drapeau étoilé ne peut se montrer sans honte. L’Afrique l’a appris à ses dépens, et voici qu’Haïti, encore une fois, est convoquée au banc des expériences coloniales modernes.
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