La séparation des pouvoirs : une nécessité pour la stabilité politique en Haïti
Résumé
La séparation des pouvoirs en Haïti a été depuis notre indépendance l’un des sphères les plus boiteux de l’État haytien. Dessalines n’ayant laissé que traces de tyrannie, ses successeurs ont tous suivi les pas de leurs pères. De Dessalines à Jovenel Moïse la séparation des pouvoirs publics n’a été que théorique, bien qu’évoluée avec le temps elle demeure en 2025 une illusion écartée de la réalité. Cette illusion se manifeste par la domination constante de l’exécutif sur le législatif et le judiciaire, entraînant instabilité politique, corruption systémique et méfiance populaire envers les institutions. Les constitutions successives, conçues pour instaurer un équilibre, ont été régulièrement contournées ou ignorées au profit de pratiques autoritaires et clientélistes. L’Avant-projet de Constitution 2025 de l’ANJ propose de rompre avec cette tradition en établissant une séparation des pouvoirs claire, accompagnée de mécanismes de contrôle mutuel contraignants. Ce modèle, inspiré de Montesquieu et des checks and balances américaines, vise à empêcher toute concentration excessive de pouvoir et à rétablir la confiance citoyenne. Sa réussite dépendra toutefois de la volonté politique et de l’engagement civique de la population.
I. Le principe fondamental de la séparation des pouvoirs
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