Report du sommet de l'OIF : l'obsession démocratique de la Francophonie, face à l'indifférence du Commonwealth
L'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) s'est récemment illustrée en sanctionnant la Tunisie à travers le report de son sommet biennal, qui aurait dû se tenir il y a quelques jours à Djerba. Pourtant, force est de constater que la liberté d'expression y est bien réelle, et que la justice continue à fonctionner en toute indépendance. La seule déficience en matière de démocratie consiste en la suspension provisoire des activités d'un parlement qui avait déjà perdu toute légitimité aux yeux de l'écrasante majorité de la population, accusé d'être davantage à la solde d'intérêts particuliers et de puissances étrangères qu'au service des intérêts du pays. En effet, la corruption et la mauvaise gouvernance ont atteint de tels niveaux au cours de la dernière décennie, que la Tunisie, autrefois modèle de développement économique et social pour l'ensemble du monde arabe et du continent africain, en dépit de certaines lacunes, fait désormais partie des dix pays les plus endettés du continent, en plus d'être sur le point de devenir le pays le plus pauvre de l'ensemble de l'Afrique du Nord.
Quant aux ingérences étrangères, celles-ci ont également atteint des niveaux records, et se sont notamment traduites par le maintien et le renforcement de l'accord commercial fort défavorable avec la Turquie, et par une interférence dans les affaires intérieures de la Libye, au bénéfice de cette même Turquie. Au niveau commercial, cette dernière est désormais, avec la Chine, le partenaire le plus défavorable des sept pays avec lesquels le niveau de commerce annuel de biens dépasse la barre du milliard de dollars. Ainsi, le taux de couverture des importations par les exportations n'a été que de 14 % en 2019, contre, par exemple, un taux de 142 % avec la France (la Tunisie, pays aux faibles richesses naturelles, réalisant ainsi un confortable excédent commercial avec la France, alors qu'elle enregistre un énorme déficit avec la Turquie, néfaste à son économie). Et pour ce qui est de la question libyenne, ces dernières années ont été marquées par le soutien publiquement affiché par le président du parlement tunisien au gouvernement provisoire de Tripoli, qui contrôle l'ouest de la Libye en s'appuyant notamment sur des milices criminelles et esclavagistes, pratiquant divers trafics illicites, le kidnapping et le commerce honteux de milliers de nos frères africains. En prenant ainsi ostensiblement position sur le dossier libyen, et en nouant une étroite relation avec les autorités de Tripoli (dont les dimensions ne sont peut-être pas encore toutes connues, compte tenu de ce qui se dit dans l'Est de la Libye...), le chef de parlement avait alors clairement outrepassé ses prérogatives, en empiétant volontairement sur le domaine réservé du chef de l'État.
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