Consensus, un outil souvent utilisé pour contourner la loi
Depuis 1987, le mot « consensus » a fait son entrée dans le vocabulaire politique. On est ainsi passé d’une définition classique du terme à des interprétations teintées d’une mentalité rétrograde, au service d’une entreprise visant à sacrifier, sur l’autel de l’illégitimité et de l’illégalité, le fonctionnement des institutions démocratiques. Cette dérive a permis d’influencer les résultats des élections et a causé un préjudice direct aux élus qualifiés et compétents.
Cette appropriation du consensus fait le malheur de la Constitution de 1987 et des lois de la République, au détriment des prescriptions relatives au renouvellement, à dates fixes, du personnel politique. En près de quatre décennies, nous avons connu six élections directes et une élection indirecte qui se sont tenues tant bien que mal. Le reste du temps, le pays n’a connu que des gouvernements éphémères — parfois prolongés — imposés au nom du… consensus.
Les discours sur la nécessité du consensus se succèdent, souvent contradictoires, chacun tentant de s’arroger le monopole de cette démarche présentée comme un « contrat social » — une coquille vide, dépourvue de contenu et de véritable vision pour le pays.
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