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Construire la paix sans illusion : pour une stratégie civique de rupture

Construire la paix sans illusion : pour une stratégie civique de rupture

Alors que les États s’enferment dans des logiques de confrontation et que les institutions multilatérales sont paralysées, la paix n’a jamais semblé aussi lointaine — ni aussi urgente à repenser. Ce texte plaide pour une stratégie civique de rupture : inventer des formes autonomes de veille, de pression et de reconstruction politique, au-delà des postures diplomatiques figées. Il ne s'agit plus de demander la paix, mais de l’organiser sans en attendre l’autorisation.

Les grandes puissances ne sont plus neutres face à la guerre : elles en sont devenues les gestionnaires. Sous couvert de défendre un ordre international fondé sur le droit, elles privilégient désormais le rapport de force, le surarmement et la disqualification systématique de toute médiation. Dans ce contexte, la paix ne peut plus être simplement négociée : elle doit être reconstruite comme une stratégie civique d’opposition.

En 2024, les dépenses militaires mondiales ont atteint un niveau sans précédent. Cette inflation n’est pas qu’une dérive budgétaire : elle incarne une doctrine. Celle selon laquelle la sécurité ne dépend plus d’un équilibre diplomatique, mais d’une supériorité militaire assumée. Pourtant, les faits sont patents : les conflits s’enlisent, les alliances se durcissent, les civils meurent. Et les dispositifs multilatéraux demeurent inactifs ou bloqués.

En Ukraine, les fenêtres de négociation identifiées à Istanbul en 2022 ont été refermées, en partie sous l’influence de puissances occidentales qui ne souhaitaient pas de compromis anticipé. À Gaza, le droit international est systématiquement bafoué, dans une indifférence diplomatique où les alliés d’Israël préfèrent minimiser, justifier ou détourner le regard. Plus largement, la France, qui se réclame d’un multilatéralisme fondé sur les principes, s’est limitée à des condamnations prudentes, tout en poursuivant ses exportations d’armement. La Suisse, dépositaire des Conventions de Genève et gardienne du droit humanitaire, s’est réfugiée dans une neutralité d’apparat, renonçant à toute interpellation vigoureuse. Dans les deux cas, ce n’est pas seulement l’agresseur qui empêche la paix : ce sont aussi ceux qui ont renoncé à la construire.

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J'ESPERE QUE CE TEXTE SERA LU EN DEHORS D'HAITI AUSSI. IL EST INSPIRANT

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