L’avant-projet de constitution prône un retour au présidentialisme tout-puissant
Depuis environ trois décennies, il ne se passe pas un jour sans que l’on ne répète, dans les milieux politiques, universitaires et diplomatiques occidentaux en Haïti, que la Constitution serait la source principale de l’instabilité politique du pays. Elle serait, selon eux, responsable des graves problèmes de gouvernance. Si les écoles ou les routes ne sont pas construites, c’est sa faute.
Ces universitaires et politiciens — de gauche comme de droite — formés à l’école du pouvoir autocratique et personnel des Duvalier, résument cette prétendue source d’instabilité de la manière suivante : le président de la République, en campagne électorale, fait des promesses à la population. Mais une fois élu, il se heurte à une réalité décevante : il ne détient pas le pouvoir réel.
Les véritables leviers résideraient entre les mains d’un Premier ministre issu d’une majorité parlementaire ou non, selon la réalité des Chambres. Ainsi, avant même de prendre les rênes du pouvoir, ce président élu se retrouve dans une situation d’anxiété politique face au futur chef de gouvernement, émanant de son autorité, mais ne peut pas le révoquer, ce qui rend dès le départ toute collaboration difficile entre les deux têtes de l’exécutif.
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