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Les maisons roulantes à Port-au-Prince :  une expression de l’errance migratoire interminable de la population face aux attaques des gangs

Les maisons roulantes à Port-au-Prince :  une expression de l’errance migratoire interminable de la population face aux attaques des gangs

La population face à des situations catastrophiques explore diverses alternatives de survie pour faire face à l’adversité. Nous avons assisté combien la désagrégation agraire a affecté la situation de l’habitat en milieu rural et contraint les paysans et paysannes à venir ériger des taudis dans des zones urbaines les plus proches, voire les plus éloignées. Cette stratégie s’est inscrite dans une politique de développement industriel qui a promu la migration urbaine comme planche du salut et de bien-être. Ce qui n’était pas évident en constatant les conditions insalubres des logements occupés dans des espaces appelés « bidonvilles » dépourvus de services de base (Dewind et Kinley III , 1988). Le plus souvent, les occupations sont irrégulières et les constructions précaires établies témoignent d’un sentiment d’insécurité du « poblador » , instable eu égard à un statut foncier non défini sujet incessamment à de déguerpissements . Toutefois les politiques de laissez faire permettent aux « pobladores » à s’accommoder en optant pour des négociations ,des arrangements à l’amiable et des pratiques de corruption avec des agents de l" État , de juges ou des collectivités pour garantir une permanence dans l’irrégularité foncière. Il suffit à la faveur d’une nuit et de quelques heures pour que des maisons soient clandestinement construites (Pierre, 2012:139).

L’expérience d’abris faits de tentes ou de bâches a été marquante après le séisme du 12 janvier 2010. La population en avait aussi fait usage de tentes artisanales ,du fait constitué de matériaux et d’équipements rudimentaires non adaptés tels du plastic, des morceaux de carton ou de toile. Si les constructions sont légères et faciles à se démonter, elles ne sont pas toujours provisoires de telle sorte qu’on parle « d’abris provisoires permanents ». Le moindre laxisme ou toute action populiste des autorités publiques laissent le flanc à des opérations de constructions durables. Ces expériences ont marqué plusieurs sites de quartiers ou de lotissement à usage populaire tels qu’à Bizoton Decayette, Desprez, Canapé Vert, Bourdon, Fontamara , Martissant, Cité l’Eternel, Ravine Pintade, Cité Soleil, Canaan, Onaville pour ne citer que ces sites (

Pierre, 2012) .En effet, ces quartiers se sont de plus en plus transformés en foyers de gangs qui exercent toutes sortes de violences à l’encontre des habitants .Nous ne nous attardons pas pour le moment à évoquer les causes de ces violences à partir de la littérature disponible en cette matière.

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