La victoire de 1945: une page de la modernité que l'occident a reniée ce 9 mai 2025
La colonisation et l'esclavage ne furent pas en dehors de la modernité politique et militaire. La Russie n'a jamais eu de colonie, et encore moins d'actions dans la traite négrière qu'organisaient les compagnies des Indes que la banque de la famille Rotchill, parrain politique d'Emmanuel Macron, finançait . On n'a point à faire expier la Russie de l'impérialisme comme modernité politique, dans un occident qui sera le théâtre de deux guerres mondiales, dont le pangermanisme allemand et les contradictions entre les métropoles de l'Afrique coloniale furent les causes principales. Mais, la fin du régime des Tsars avec la révolution d'octobre 1917 initia une tradition russe qui dessinait l'horizon du bonheur des peuples opprimés par le capitalisme industriel du 19e et du 20e siècle. Mais, malheureusement, le national-socialisme de l'Allemagne était un mensonge qui n'a pas dissimulé le racisme structurel et l'holocauste des 6 millions juifs et des Tziganes disparus dans les camps de concentration qui furent aussi infernaux que les plantations coloniales de l'Amérique et l'Afrique. Et comme le dirait Aimé Césaire dans le "discours sur le colonialisme", ce que les Européens avaient produit comme infrahumanité dans les colonies, ils devaient le subir sous les assauts du nazisme hitlérien et du fascisme italien sur le continent Europe. Donc, les deux guerres devaient se produire comme les événements de la chute d'une pente fatale, mais avec la victoire des Alliés sur les belligérants, quand l'entrée de l'armée rouge à Berlin devait engendrer la capitulation des Allemands. Le défilé du 9 mai 2025 en Russie devrait être la commémoration d'une victoire partagée par la France, l'Angleterre, les États-Unis comme alliés d'outre-mer de la Sainte-Alliance sur l'Allemagne et ses co-belligérants. Cette date qui rappelle la fin des camps de concentration en Europe colonialiste et esclavagiste, le sacrifice de 20 millions de Russes, la mort d'environ 70 millions d'hommes et de femmes dans une guerre impérialiste pour les espaces vitaux devrait convier l'Europe à se rappeler de la menace que fut le nazisme pour la diversité culturelle, la justice et le droit à la souveraineté des peuples et des états. Mais, il semblerait que l'occident a choisi de renier son passé de modernité politique et militaire, pour punir la Russie de vouloir défendre les idéaux de la conférence de Yalta, et peut-être pour insulter la nostalgie de Vladimir Poutine qui garde les souvenirs d'une URSS qui fut nécessaire pour la bipolarisation d'un monde occidentalisé à la lumière du plan Marshall de reconstruction et du modèle de démocratisation économique à la mode du président Harry Truman. Que signifie réellement la bouderie de l'occident qui se veut être le défenseur d'une Ukraine qui fut le coeur de la grande Russie de Nicolas II? L'occident a-t-il préféré de renoncer à son passé de victoire de 1945, pour éviter la contestation de la Russie de Vladimir Poutine et de ses alliés contre l'ultra néo-libéralisme et l'impérialisme de ceux qui condamnent une guerre qu'ils mènent contre le Tiers-monde et le Quart monde de l'Afrique, de l'Asie, et de l'Amérique à leur manière?
Vouloir faire du Canada un état des États-Unis et annexer le Greoland à cette puissance économique et militaire, sans tenir compte du débat entre souverainetés, c'est une autre manière d'actualiser le colonialisme avec l'alibi d'intégration et de fusion de la citoyenneté des gens qui ne sont pas des Américains des États-Unis. Comme vouloir que la formule "L'Amérique aux Américains" exprime exclusivement un sens de l' impérialisme anti-européen en 1825 fut une absurdité historique, parce que les nations américaines ne se sont jamais approprié de cette formule pour construire leur continentalité dans la défense de leurs intérêts communs comme l'Union européenne, et contre le néocolonialisme des anciennes métropoles colonialistes et esclavagistes. Même si l'Organisation des États américains a été une démarche de construire un espace de relation internationale pour la diplomatie des États de l'Amérique, mais avec des résultats qui divisent le continent en pays ultra riche et pays ultra pauvres, dont les facteurs explicatifs seraient selon les historiens et politiques l'impérialisme des États-Unis et du Canada du Commonwealth qui est une version de la colonisation anglaise de l'Amérique. Qu'on se réfère à Edrouardo Galeano dans "Les vaines ouvertes de l'Amérique" et Marcel Nindergeng dans "Les 20 Amériques" pour comprendre cette logique explicative de la pauvreté des nations soeurs des États-Unis et du Canada, nonobstant les pays en voie de développement comme le Mexique, le Brésil, ou l'Argentine qui viennent rendre moins sombre le tableau continental du partage du développement.
Donc, sans s'illusionner avec un romantisme rousseauiste et pour rester dans la logique du real politic, Vladimir Poutine mène une guerre pour défendre ses frontières et donc la souveraineté et l'honneur historique d'un pays qui a impacté le changement sociopolitique et économique d'un monde lancé dans une course à la mondialisation capitaliste accélérée par l'essor de la révolution politique, philosophique, et industrielle de la fin du 18e, du 19e, et du 20e siècle occidental. Donc, les attitudes étatiques que l'on observe vis-à-vis de Vladimir Poutine ne sont que des manifestations d'une concurrence impérialiste qui se justifie, malheureusement par des discours humanistes à l'égard de l'Ukraine qui n'est qu'une proie de la prédation capitaliste. Les accords sur les mines ukrainiennes signées entre Washington et Kiev n'illustrent pas moins cette logique de compétition, dont la guerre est une forme infrahumaine.
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