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Haïti sans hôpital : la fermeture de l’HUEH sous le poids de l’insécurité et ses conséquences dramatiques pour les étudiants en sciences de la santé et l’ensemble de la population

Haïti sans hôpital : la fermeture de l’HUEH sous le poids de l’insécurité et ses conséquences dramatiques pour les étudiants en sciences de la santé et l’ensemble de la population

L’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH), communément appelé Hôpital Général, est aujourd’hui à l’agonie. Plus grand centre hospitalier et principal établissement de formation médicale post-universitaire du pays, il est situé au cœur de Port-au-Prince et représente un pilier indispensable du système de santé haïtien. Selon la collecte des données de l’institution, il accueillait depuis 2012 plus de 200 000 patients par an, soit en moyenne plus de 500 patients  par jour. Mais aujourd’hui, l’HUEH a été frappé de plein fouet par l’insécurité qui gangrène le pays. Attaques armées, pillages, incendies : l’hôpital a été contraint de fermer ses portes, abandonnant des milliers de patients à leur sort.

Cette situation plonge un système de santé déjà en grande difficulté dans un état de mort cérébrale. Privé de son principal hôpital de référence, Haïti s’enfonce dans une catastrophe sanitaire aux allures apocalyptiques. L'absence de prise en charge des urgences, des maladies chroniques et des pathologies infectieuses menace des vies sur toute l’étendue du territoire national. En plus de priver la population de soins essentiels, la fermeture brutale de l’HUEH interrompt la formation des futurs médecins, spécialistes, infirmières et sages-femmes, tout en provoquant l’exode accéléré et forcé du personnel soignant. Ces derniers, déjà largement en sous-effectif, fuient un environnement devenu invivable, aggravant une situation où le pays compte bien moins que les 25 professionnels de santé pour 10 000 habitants recommandés par l’OMS.

Ce drame survient dans un contexte où l’accès aux soins de santé reste un défi majeur. À peine 10 % de la population vit à moins d’un kilomètre d’un centre de santé, tandis que 42 % doivent parcourir plus de 10 kilomètres pour en trouver un, et environ 22 % des régions du pays ne disposent d’aucune infrastructure sanitaire.

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