Donner à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu: pas de reconnaissance de la double dette sans le courageux Président Jn-Bertrand Aristide
Le 7 avril 2003, devant une assemblée de journalistes, de diplomates et d’historiens au cœur de Port-au-Prince, le Président Jean-Bertrand Aristide prit une position historique. Il ne demanda ni aumône ni assistance, mais posa un acte de souveraineté et de dignité: la restitution et réparation de la double dette injustement imposée à Haïti par la France en 1825. En exigeant 21 milliards de dollars, équivalent estimé du tribut versé, Aristide relança une question enfouie sous des siècles de silence complice. Ce jour-là, il ne s’agissait pas de querelles partisanes, mais d’un homme d’État qui, au nom du peuple haïtien, osait réclamer justice. Une parole rare, ferme, et dangereuse.
Ce courage lui coûta cher. À peine un an plus tard, en février 2004, il fut renversé par un coup d’État aux accents néocoloniaux, dans l’indifférence - voire la complicité - des grandes puissances. Exilé loin de son pays, coupé de ses proches, président Aristide paya le prix fort pour avoir touché à l’un des tabous les mieux gardés de l’histoire postcoloniale: le vol légalisé d’une nation noire par une puissance coloniale. Sa famille fut traquée, ses partisans persécutés, et Haïti replongea dans une spirale de chaos dont elle ne s’est jamais complètement remise. Derrière cette tragédie, une leçon: demander réparation, c’est risquer sa vie quand on n’est pas protégé par l’Occident.
Ceux qui, en Haïti, auraient dû se rallier à son combat - certains intellectuels, soi-disant progressistes, et bon nombre de dirigeants politiques - choisirent au contraire de détourner le regard ou de collaborer avec les forces hostiles. Par peur, par opportunisme ou par égoïsme, ils ont trahi le rêve de justice que portait le président Aristide. Au lieu d’amplifier son message, ils l’ont étouffé sous des discours creux, ou pire, se sont fait les complices de son isolement. Aujourd’hui encore, nombreux sont ceux qui prétendent défendre les intérêts du peuple haïtien tout en restant muets sur l'exigence de restitution. Il est plus commode de parler d'aide que de réparation.
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1 commentaire
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Berthonal CHARLES
Merci le national et RB pour cet article. Certes on devrait reconnaître que c'est le président JBA qui a osé demander la restitution et la réparation de la dette, mais il faisait son travail en tant que chef d'État. Maintenant c'est à nous de forcer la France à rendre cette restitution et réparation effective. Mais ma plus grande préoccupation est que si la France arrive à restituer et réparer cette dette, de la manière qu'il soit, comment va-t-on l'exploiter? Est-ce qu'il ne passera pas dilapider comme le fond PetroCaribe?