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«Contre la gangstérisation d'en haut, la révolte populaire d'en bas»

«Contre la gangstérisation d'en haut, la révolte populaire d'en bas»

Alors que le pays tout entier attend avec la ferveur d'un condamné guettant son verdict ; le moindre rapport, aussi lapidaire soit-il, de Fritz A. Jean, Président en exercice du Conseil de Protection des Truands (CPT), sur les ordres reçus en catimini à la Jamaïque des mains du véritable gouverneur de la colonie, le Secrétaire d'État américain Marco Rubio, voilà qu'il nous débite d'un discours pontifiant sur le premier anniversaire de l'Accord de la CARICOM du 3 avril 2024. Cet accord, imposé avec la délicatesse d'un bulldozer diplomatique, a enfanté une monstruosité institutionnelle : une pieuvre à neuf têtes, toutes aveugles, et une queue docile, prête à remuer sur ordre.

Les discours indignés sont devenus une véritable tradition républicaine en Haïti : à défaut de transformer la réalité, nos dirigeants excellent dans l'art de l'indignation lyrique. C'est au tour du Président, Fritz A. Jean, de s'y coller. Une occasion rêvée de graver son nom dans l'histoire ? Hélas, le rendez-vous fut manqué avec éclat. À la place d'une adresse mémorable, nous avons assisté à un enchaînement confus de phrases hésitantes, de chiffres jetés au hasard, de dates échappées d'un mauvais calendrier le tout livré avec le naturel embarrassé d'un comédien de dernière minute. Et dire que c'était un message pré-enregistré ! Même la spontanéité de l'improvisation aurait mieux excusé un tel naufrage oratoire.

Tel un grand timonier de pacotille, le président Fritz A. Jean voix posée, posture de sage pour endosser, croit-il, le rôle de guide Suprême de la transition. Mais voilà : l'inspiration n'était pas au rendez-vous, et la poésie s'est vite noyée dans une prose ennuyeuse, aussi fade qu'un rapport de la Cour des comptes sous sédatif. Incapable de captiver, il s'est appliqué à nous révéler avec le souffle du prophète qui croit annoncer l'Apocalypse une évidence criante, connue même du dernier ermite du Morne La Selle : l'insécurité est partout, les gangs-milices pullulent, les criminels font fortune pendant que la population s'enfonce dans l'enfer de la misère ; les trafics de drogue, d'armes, de munitions, d'organes battent leur plein ; le blanchiment d'argent et les crimes transnationaux prospèrent à ciel ouvert.

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Carly Dollin

Hummmm Texte succulent! Compliments Hugue

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