Écrire à la rédaction
Radio Pacific 101.5 fm
Tribune

UEH : L’apprentissage sous le signe de l’abandon

UEH : L’apprentissage sous le signe de l’abandon

Longtemps perçue comme le cœur battant du savoir haïtien, l’Université d’État d’Haïti (UEH) vacille sous le joug des gangs armés qui ont transformé tour à tour la rue Mgr Guilloux, la rue Oswald Durand et l’Avenue Christophe, où sont logées plus de six (6) de ses entités, en un véritable bourbier d’insécurité. Face aux interventions inefficaces de l’État, étudiants, élèves et professeurs errent, dépossédés de leur droit fondamental à l’éducation. Tandis que la population assiste, impuissante, à cette lente agonie académique, l’UEH tente de se transcender, malheureusement. Les autorités conjuguent le verbe reloger : comment va-t-on trouver des endroits temporaires pour reloger les entités de l'UEH ? Pourtant, sans une réponse structurelle et immédiate, l’Université nationale de l'État risque de se fondre totalement dans l’ombre du chaos ambiant de Viv Ansanm. Cet article est le cri désespéré des milliers  d'étudiants de l'UEH qui sont largués dans les rues désertes de Port-au-Prince, en quête de survie, sous la menace mortifère d'un Viv Ansanm invivable.

Le triangle de la déception de l'État : FASCH, INAGHEI, IERAH, plongés et meurtris

l'État court aussi, ce n'est pas seulement la population civile qui vide les lieux. Des institutions sociales sont abandonnées. Des étudiants bouleversés, apeurés. L'éducation supérieure est à genoux. Si autrefois la transmission de savoir de l'UEH était un phare éclairant l’avenir, aujourd’hui, elle n’est qu’une flamme vacillante sous les rafales de l’indifférence et du crime organisé d'un Viv Ansanm terrorisant.

La Faculté des Sciences Humaines (FASCH), l’Institut Nationale d’administration, de Gestion et de Hautes études internationales (INAGHEI) et l’ISERSS/IERAH sont plongés dans une tourmente sans précédent. Plus de huit (8) entités abandonnées par l’État, ces institutions agonisent, prises en otage par les groupes armés qui dictent leur loi dans ces zones. Les amphithéâtres sont vides, les bibliothèques désertées, les couloirs autrefois animés ne résonnent plus que du silence assourdissant de la peur et du désespoir face à un avenir pris en otage depuis hier.

L'État, garant de l'ordre, s'est mué en spectateur d'une tragédie dont les premières victimes sont ses étudiants désillusionnés, réduits à l’errance et à la précarité. Ils sont partout, dans les rues vidées de la capitale, éparpillés, sans défense ni logement. Parle-t-on d’avenir ici Messieurs-Dames ? A partir de quel présent, et pour quelle catégorie ? Hein! La torpeur administrative n’a fait que creuser le gouffre entre la mission de l’UEH et la réalité d’un système éducatif en lambeaux. La bastion de la réflexion est dans la rue, sous les tentes, implorant la survie, croupie au cheminement forcé de la vulnérabilité humaine. On va faire comment Messieurs-Dames ? De quelle jeunesse parle-t-on ? Et pour quel avenir?

Si vous avez déjà créé un compte, connectez-vous GRATUITEMENT pour lire la suite de cet article.

Connectez-vous

Pas encore de compte ? Inscrivez-vous

0 commentaire

Les échanges courtois et argumentés font la qualité du débat.

Connectez-vous pour commenter. Un compte garantit que votre nom n'est utilisé que par vous.

Se connecter Créer un compte

Aucun commentaire pour l'instant. Soyez la première personne à réagir.

À lire également

Toute la rubrique Tribune

Alertes du National

Recevez une notification sur votre téléphone ou votre ordinateur dès qu'un article paraît dans les rubriques de votre choix. Gratuit, avec votre compte lecteur.

Rubriques à suivre