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Région Nord : Développement économique mal conçu ou désarticulation sociale

Région Nord : Développement économique mal conçu ou désarticulation sociale

Pendant que le tremblement de terre de 2010 dévastait les villes de Port-au-Prince, de Jacmel et de Petit Goave avec des conséquences désastreuses sur les biens et le capital humain (vies humaines), la région du Nord était déjà en chantier dans de perspectives d’un développement régional durable. Nous nous rappelons la mouvance de l’automne 2009 qui avait ramené de grandes figures internationales dans le Nord du pays particulièrement pour la construction du Parc Industriel de Caracol. Dans le menu, outre le parc industriel, aujourd’hui, nous pouvons énumérer de grands projets publics tels que : (1) la construction de la route reliant Ouanaminthe et Cap-Haitien, (2) la construction et le fonctionnement de l’aéroport international du Cap, (3) la mise en place du réseau électrique fonctionnant 24/24 et alimentant les communes de Caracol, de Trou-du-Nord, de Terrier Rouge et de Limonade, et (4) la création du Campus de Limonade. Ces cinq investissements qui constituent du capital productif pour l’économie régionale étaient adéquats pour accélérer la croissance économique dans la région. Associés aux investissements privés, ces investissements et d'autres du secteur public devraient accélérer la croissance économique à travers la production de biens et services. Ils devraient également favoriser la création d’emplois nécessaire à la réduction de la pauvreté selon la compréhension des économistes Shah et Batley (2009).

Pour accélérer la croissance économique lors du développement régional enclenché sous la Présidence de René Garcia Préval en 2009 dans le Nord du pays, le secteur privé devrait absolument apporter une contribution significative aux investissements nécessaires par la mise en place d’entreprises privées commerciales, de services incluant des activités socio-culturelles et des industries d’assemblage. Par exemple, une industrie d’emballage de motocyclettes aurait dû être implantée en Haïti étant donné l’explosion du service dans ce secteur. Ces entreprises sont essentielles pour la création d’emplois permanents, la production et la circulation de biens et de services. Le secteur privé, en suivant des politiques publiques clairement définies, serait le moteur du développement des centres urbains harmonieux dans les communes de Trou-du-Nord, de Caracol et de Limonade qui sont limitrophes au Campus de Limonade et au Parc Industriel. Le secteur bancaire, de son coté, se chargerait du développement immobilier par le financement de la construction des maisons familiales ou blocs d’appartements, des centres commerciaux et des mini-parcs industriels nécessaires. Dans les sociétés développées ou émergentes telles le Canada et la République Dominicaine, des bâtiments administratifs et amphithéâtres sont souvent financés par le secteur bancaire. À cet effet, l’implication des grandes entreprises comme Bell Canada, Banque Nationale du Canada et RBC est un exemple qui aurait pu être suivi par la Sogebank, la Digicel et la Natcom. De nos jours, les amphithéâtres sont des investissements très productifs du fait des organisations régulières de concerts d’artistes ou de groupes musicaux, entre autres. Ainsi, le secteur bancaire devrait participer à la conception de l’architecture moderne de l’économie de la région du Nord pour y implanter les structures nécessaires aux attractions économiques et touristiques. Ironie du sort, nous n’avions pu voir la présence du secteur privé dans le Nord que très tard avec l’arrivée de Valerio Canez et MSC+ qui ont implanté deux magasins et quelques usines de riz implantés dans le Nord-Est. A date, aux alentours du Campus de Limonade et du Parc industriel de Caracol, deux entités qui ont une population bancable de plus de 6 mille personnes et du Grand Marché de Trou-du-Nord qui peut réunir jusqu’à 5 mille acteurs économiques hebdomadairement, aucune structure bancaire formelle. Selon les avisés, ce manque de synergie entre les acteurs politiques et économiques haïtiens peut être qualifié de désarticulation sociale, ce qui entrave le progrès économique de la société et l’intégration sociale de leurs concitoyens.

Désarticulation sociale

Janvry et ses alliés (1983) ont défini la désarticulation sociale comme une condition structurelle de choix inefficients de secteurs clés devant permettre la croissance de l’économie, incluant une combinaison inéquitable du niveau de salaires de travailleurs qui creuse les inégalités. Plus loin, Wei et ses alliés (2009) affirment que les inégalités induites par les préoccupations d’articulation sociale sont plus graves lorsque les investissements sont inégalement répartis géographiquement. Nous pouvons en déduire que, depuis plus de deux siècles, la société haïtienne n’a connu que des désarticulations sociales. Les faibles investissements qui y sont effectués ont été surtout localisés à Port-au-Prince. Cela a poussé les populations des autres villes et des zones agricoles et rurales les plus reculées du pays à se diriger vers Port-au-Prince en quête de moyens de survie. Cet exode rural entraîne une hausse du taux de chômage ou aggrave le contexte d’exploitations des entreprises qui offrent des emplois sous-payés aux salariés.

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