Haïti, au crible de la déchéance
Cent jours. Un cap symbolique pour tout gouvernement, censé permettre d’évaluer les premières orientations, de juger la dynamique d’une administration et d’esquisser les perspectives d'avenir pour sa population. Cent jours, dans le cas d’Alix Didier Fils-Aimé, qui semblent pourtant marqués par une spirale de déchéance, entre violences exacerbées, chantiers inaccessibles et absence de réponses concrètes aux urgences nationales. Du 17 novembre 2024 au 25 février 2025, cent jours de décrépitude. Dans cet article, je ne me prends pas au gouvernement, vu ses dérives, mais, par un coup d'essai, j’analyse la mise en débâcle de cents premiers jours de l’actuel chef de gouvernement, Alix Didier Fils-Aimé.
Port-au-Prince est en flammes. De quartier en quartier, la tension armée des gangs gonfle. La population est révoltée. Elle croit pouvoir se donner justice elle-même. Où est l’État, demande-t-on ?
La panique flotte à pas de géant comme l’augmentation de volume par rétention de sang veineux qui jonche les canaux de la capitale, pour alimenter le pénis insensible de Port-au-Prince.
La population évolue à contresens. Dans l’indignité de sa grandeur, elle git. Dans sa peur d'être disparue à chaque seconde, elle pleure. Ce sont le crépitement des balles et les cris redondants de la population qui harmonisent le quotidien de la capitale d'Haïti, tout comme celui de l’Artibonite.
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