Résistance pour le changement
En mémoire des victimes
Ce matin, le soleil est à demi-teinte, obstrué par les nuages au levant. La vie semble s’arrêter. Tout est calme. Pas une feuille ou une branche qui bouge. Les oiseaux font leur parade calmement. Pendant que j’effectue mes mouvements, mon chaton joue entre mes pieds. De son côté, sa maman fait la grasse matinée sur le sofa du salon des trois palmiers. Le soleil a finalement gagné la bataille. Il a inondé la nature de ses rayons et illuminé un ciel totalement dégagé, dont la beauté irrésistible n’appartient qu’à ceux et celles qui croient dans le pays. De là vient ma question : comment vaincre comme le soleil ce voile qui assombrit et bloque le quotidien d’Haïti ?
Ce qui suit n’est pas le discours ni d’un politicien ni de quelqu’un qui cherche des appuis pour planifier sa conquête du pouvoir, encore moins de quelqu’un qui veut laisser pousser sa barbe ou qui cherche à être vénéré en martyr. Ce n’est pas non plus un réquisitoire contre les nantis. C’est plutôt un discours contre un état d’esprit qui caractérise et secoue la société haïtienne : la cupidité et l’anarchie. Imaginez que ces tares ont été dénoncées depuis près d’un siècle, soit en 1929, par le Dr Jean Price Mars. C’est donc le regard critique et désappointé d’un citoyen engagé qui souffre le martyre, qui croit dans la dialectique du « Vox populi, vox Dei » et dans le grand potentiel non encore valorisé qui sommeille dans les replis du présent, objet de convoitises qui déchirent et brûlent Haïti.
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