Corruption
Les trois mousquetaires inculpés
L’opinion publique a suivi avec intérêt le scandale de corruption qui a éclaté au plus haut niveau de l’État. Trois membres du Conseil présidentiel de transition (CPT) - Gérald Gilles, Emmanuel Vertilaire et Smith Augustin - ont été impliqués dans un scandale de corruption présumée. Ces hommes, censés incarner la probité au sommet de l’État, sont accusés d’avoir tenté de soutirer 100 000 gourdes au directeur de la Banque Nationale de crédit (BNC), Raoul Pierre-Louis, entre-temps évincé. En échange, celui-ci conserverait son poste à la tête de ladite banque. Des cartes bancaires leur auraient également été octroyées, avec des plafonds de dépenses généreux.
Les accusations portées par Monsieur Pierre Louis, ancien président de ladite institution financière, ne semblent pas fantaisistes. Ses arguments, cohérents et étayés, auraient suffi, dans tout autre pays, à exiger la démission immédiate des trois protagonistes. Mais en Haïti, même lorsque la honte brûle le visage, certains pensent pouvoir remplacer la vérité par le mensonge.
Ailleurs, ces accusations auraient précipité le départ des concernés. Mais ici, voler l’argent public ou s’enrichir illégalement est devenu aussi banal que boire un verre d’eau. Ces trois messieurs continuent de fanfaronner, de prononcer de beaux discours, et de jouir des privilèges liés à leur statut.
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