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Tribune

Rêvons!

Rêvons!

Nous n'irons nulle part aussi longtemps que nous n'aurons pas réalisé qu'il nous faut le temps d'une pause. Pause pour arrêter de creuser inlassablement en vue d' atteindre le fin fond du gouffre qui n' est autre que ténèbres et obscurité. Entreprise insensée, improductive et irréalisable étant une bataille perdue d’avance, une initiative vouée à l' échec. Utilisons donc notre énergie, en ces temps de crise, pour la réflexion utile et constructive capable de nous aider à trouver la bonne formule, la bonne solution qui nous permettra de remonter collectivement la pente pour accéder à la surface et de jouir des effets bienfaisants des rayons de lumière disponibles en quantité suffisante pour tous.

J’ai la ferme conviction que chez nous, il nous est plus facile de pactiser avec le diable que de nous entendre avec notre frère, adversaire ou ennemi déclaré du moment. Les explications les plus plausibles à cet état de fait seraient que dans l’imaginaire collectif vu la puissance et la ruse ( réelle ou supposée) du diable, conclure un pacte avec lui éviterait à coup sûr une issue qui ne peut être qu' avantageuse pour lui, donc fatale pour nous... La prudence, dans ce cas là, est donc de mise vu qu’elle nous sert de bouclier protecteur contre une entité dont on ne connaît ni l’étendue ou limite de son pouvoir, ni la véritable capacité de sa puissance ou de sa nuisance. Par contre, lutter contre un adversaire réel ou un ennemi clairement identifié et qui nous ressemble, c’est comme se battre sur un terrain connu et la victoire, plus prévisible, déjà assurée. Et par victoire, on sous entend : l’ exclusion de la scène ou du décor du vaincu à défaut de ne pas pouvoir l’éliminer ou l’anéantir totalement. Une pratique qui a débuté dans notre histoire avec le parricide de 1806 et qui est devenue une constante dans nos mœurs politiques. Nous ne dialoguons qu’après avoir vaincu l’ennemi qui se trouve désormais sous nos pieds, impuissant, implorant notre clémence. En fait, nous ne dialoguons pas, nous nous imposons, nous dominons ( séquelle de l' esclavage et de la colonisation, sans doute?). Le dialogue, l’entente, la concertation, la collaboration sont des termes très utilisés dans notre jargon politique mais  très peu suivis d’effets concrets, donc en final, creux, vides de sens. Et Paradoxalement, c’est toujours à l’Etranger, le grand voisin en particulier, qu’on s’en remet pour mettre de l’ordre et gérer nos différends, ou pour nettoyer nos écuries d’Augeas quand il ne s’ invite pas lui- même (on a en mémoire l’occupation de 1915, les autres ayant été de fait sollicitées, malheureusement). Nous attendons encore le bilan objectif et impartial ( de façon globale ou séparée) des différentes occupations de ces trente (30) dernières années par nos historiens.

Et pourtant, nous n’étions pas si mal partis que cela après l’épopée du 18 Novembre 1803 à Vertières qui a débouché sur le 1er Janvier 1804. La constitution impériale de 1805 promulguée le 20 Mai de la même année annonçait les grandes lignes du nouveau départ, avec St Domingue redevenue Ayiti, un nouveau drapeau ( le bicolore noir et rouge symbolisant le sang versé par tous les martyrs pour que les noirs de ce coin de terre puissent vivre libres, comme des êtres humains à part entière) et signée par tous les généraux qui avaient participé à la guerre de l’Indépendancee: nos Pères fondateurs.

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1 commentaire

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Philippe geveusphilippe@gmail.com

C'est un texte bien pensé, mais je me demande ,est ce qu'il existe, dans le vocabulaire haitien le mot" Dialogue"' Je crois avec cette culture de méfiance issue des trahisons héritées de nos ancêtres la réconciliation de notre nation avec elle -même reste à gagner

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