Culture et migration : le thème haïtien dans la littérature dominicaine
La littérature dominicaine a embrassé le thème haïtien dans tous les genres tels que poésie, conte, nouvelle et théâtre. En 1972, on a tenté un effort de systématisation, d’analyse et de classification de la présence haïtienne dans la littérature dominicaine (Marcio Veloz Maggiolo, 1972). Cette entreprise poursuit à travers d’autres actions dont celle de Inchaustegui Cabral qui a accordé une place importante à ce thème dans sa poésie (1973). Aussi le thème nègre est présent dans d’autres cas. » El masacre se pasa a pie » de Prestol Castillo en est un exemple. Il y a lieu de noter que les publications d’auteurs haïtiens comme Jacques Stephen Alexis (Mi compadre el general sol), Jacques Roumain (gobernadores de Rocio), René Depestre (El palo ensebado) ont été diffusées en Dominicain.
Des centres d’Éducation populaire des deux côtés de l’Ile ont réalisé des productions collectives. C’est le cas, entre autres du Groupe haïtien de Recherche et d’Action pédagogique (GHRAP) et du Centro Dominicano de Estudios de la Educacion (CEDEE) qui ont collaboré à la promotion de la culture populaire dans les deux pays. La revue du Centre de Recherche et de Formation économique et sociale pour le Développement a aussi diffusé des productions littéraires caribéennes et latino-américaines. Les initiatives du Centre Pétion Bolivar, j’en passe, sont louables, dans la quête de rapprochement et de créativité collective de deux peuples du sud périphérique.
Entre-temps, les activités à caractère binational promues durant les vingt dernières années ont facilité un rapprochement et des échanges dans les champs culturel, artistique, sportif, gastronomique, musical entre autres. Cette dynamique tend à dépasser des clivages dans les relations entre des voisins indifférents au moyen de la créativité. Les processus d’intégration régionale et de coopération propulsés par les États-Unis, l’Union européenne et les pays de la Caraïbe ont aussi contraint ces deux pays (la République d’Haïti et la République dominicaine) à définir et à mettre en œuvre des projets de développement communs notamment dans le commerce, l’industrie, l’environnement, la communication et la culture. Le sport, l’art, la musique, l’éducation, la culture et la littérature occupent une place moins importante et sont redevenus des sujets de préoccupations récemment.
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