Haïti : un Etat solitaire
Haïti est solitaire. Elle est traitée avec désinvolture et mépris par les grandes puissances et la communauté internationale dès son indépendance en 1804. Cet État rebelle-ensorcelé dans une culture du marronnage-patauge depuis deux siècles dans une sempiternelle crise multidimensionnelle. Celle-ci entre depuis bientôt trois ans dans un état de décomposition totale. Toutes les institutions nationales sont à plat depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse le 7 juillet 2021. Le pays est livré à des bandes armées qui contrôlent plus de 80% de la capitale. Des dirigeants sans scrupules sans aucun sens de la « Res publica » et du bien-être collectif dilapident au mépris de la misère de la population les maigres ressources du Trésor public.
Le Premier ministre Ariel Henry -qui joue également le rôle de chef d’État sans échappe présidentielle-dirige le pays depuis le 20 juillet 2021 avec l’appui de la communauté internationale particulièrement les pays membres du Gore Group-est contesté par les citoyens qui étaient dans les rues partout dans les grandes villes du pays pour réclamer sa démission le 7 février dernier.
Si la Police nationale-le bras armé du pouvoir- se montrait impuissante face aux groupes criminels qui terrorisent la population depuis près de trois ans, sa répression a été sans précédent contre ceux qui réclament le départ de l’équipe gouvernementale. Cinq agents de la Brigade de Surveillance des Aires protégées (BSAP) sont tués et entrés dans des fosses communes comme des indigents. Ce mode opératoire n’est pas différent de celui des bandits qui décapitent et brûlent les cadavres des policiers avant de les laisser à la merci des carnivores. Le régime au pouvoir a montré son vrai visage. Le neurochirurgien tyrannise et s’enferme dans un cynique froid qui fait penser au prince machiavélien. Par cette action macabre, il entendait lancer un message clair aux autres agents de la BSAP en rébellion : en cas de persistance dans cette voie, ils vont avoir le même sort que les martyrs du 7 février.
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Bazanne
Le moment est venu pour sortir le pays de ce gouffre démoniaque .