Penser sept jours l’expérience Lula au Brésil
(Partie 5/7)
Les manifestants s’élevaient contre la participation du Brésil au Core Group, ce noyau d’ambassadeurs décidant des affaires d’Haïti. Refusant de sacrifier leur souveraineté pour venir à bout des gangs, les manifestants demandaient une solution haïtienne à la crise. Les attaques contre l’impérialisme fusaient ainsi que la condamnation de la politique environnementaliste du gouvernement de Bolsonaro. En quatre ans, ce gouvernement a déboisé une surface de 34 mille kilomètres carrés, soit une superficie supérieure à celle d’Haïti. Cette politique suicidaire est le contraire de celle du PT visant à sauver l’Amazonie et les peuples indigènes qui y vivent.
Sortant ingambe de son cancer à la gorge en 2011, paradant sur les tréteaux le micro à la main dans les meetings électoraux de la campagne de 2022, Lula se révèle un enfant du sertão. Dans l’esprit de son temps, Euclides da Cunha, père de la littérature brésilienne, avait parlé de sertanejo (homme de la terre) pour qualifier la population de cette partie du nord-est brésilien, destinée « à conquérir un jour »[1], le Brésil et à la mettre à l’avant-garde du monde moderne. Dans la complexité de son combat, le leader du PT lui donne raison, car Lula dépasse ses limites personnelles et fait montre du plus beau des courages en arrivant à « susciter l’interaction réfléchie par laquelle de multiples expériences cherchent à se transformer en science avec conscience »[2].
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