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Tribune

L’affaire Laguerre/Soukar :

Le confort douillet des mythes

Le  confort douillet des mythes

Ce que cache le révisionnisme de « l’historien » Michel Soukar. Le titre annonce la couleur. Tant au sens propre qu’au figuré. Les « ce que cache » connotent le plus souvent une intention malveillante : il s’agirait ici du « révisionnisme » supposé du chercheur ; ce qui suppose qu’il y aurait une vérité bien établie dont celui-ci s’écarterait. Deuxième pique : le titre d’historien est mis entre guillemets, donc suspecté de non professionnalisme.

En affirmant lors d’une émission de radio que les élites noires et mulâtres qui ont chassé les colons français, ont « fait un pays pour eux », Soukar n’a fait qu’exprimer le caractère inachevé de la révolution haïtienne et le fait qu’après l’Indépendance, la bataille pour le pouvoir et les privilèges qui y étaient liés ait pris le pas sur la construction d’une nation. À preuve, la calamiteuse situation actuelle du pays !  Les besoins du petit peuple ne figuraient pas en effet au programme des nouveaux dirigeants noirs et mulâtres. Dire que nos aïeux ont fait la révolution, mais n’ont pas su mettre sur pied les bases d’un État, c’est rappeler une réalité ancienne et connue. L’occulter participe d’une mystification. Bien sûr, on peut les comprendre en précisant qu’ils n’avaient pas eu l’expérience du pouvoir. Du jour au lendemain, des révolutionnaires doivent jouer le rôle de dirigeants : or on sait qu’il n’y a pas de génération spontanée.

Le polémiste ne s’en prend pas vraiment aux thèses de Michel Soukar mais à sa personne, qu’il n’hésite pas à traiter de raciste, de mulâtriste, étiquettes fort peu gratifiantes qu’il reçoit en pleine figure pour avoir eu l'audace de poser un regard critique sur les pères fondateurs. Que dirait ce détracteur si Soukar était de peau noire ?... Il serait un aliéné ? Un complexé ? Un traître à la race ? Il est déplorable de recourir à la sempiternelle et sensible question de la couleur des gens dès qu’un discours nous gêne. Qui brandit cet épouvantail sait qu’il atteindra à coup sûr son but, car 219 ans après l’Indépendance, les Haïtiens n’ont pas encore dépassé ces clivages chromatiques.

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1 commentaire

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J.C. Dubreuil

Je soutient parfaitement G. Laguerre dans sa sortie. La pretention et les elucubrations de Soukar entre dans la logique mulatriste qui remonte au18e siecle haitien. Assez , c’est assez.

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