Le paradoxe du "vivre" en Haïti : "mourir sans avoir vécu"
Pour certains, « vivre » c’est avoir le souffle de vie, et on est mort aussitôt que l’on cesse de respirer. Ce qui renvoie la vie à une simple question d’existence biologique. Mais, saisie dans sa complexité, en dehors de toute perception erronée et réductionniste, la vie ne saurait l’égale d’une simple manifestation biologique. C’est pourquoi, le philosophe belge, Léo Apostel (2001) affirmait que vivre, c’est être heureux, et être heureux, c’est vivre dans un monde de possibilités. Alors, peut-on oser parler de « vivre » pour des individus confinés à l’ordre vital des besoins corporels, n’ayant pour tout horizon que la seule survie biologique ?
L’ayant constaté, le philosophe français, Jean-Jacques Rousseau (1762) a noté que le nombre d’années vues est loin d’être l’égal au temps vécu. On peut s’éteindre après plus d’un siècle, mais n’a jamais vécu même pendant un jour. Ainsi, a-t-il précisé que l’homme qui a le plus vécu n’est pas celui ayant compté le plus d’années, mais celui ayant le plus Senti la vie. Sentir la vie c’est jouir de sa vie. Ceci dit que parler de « vivre » pour des individus qui ne se battent que pour survivre renvoie à un pur paradoxe. Joint à cela, comment respirer sans vivre ? Se statuant sur Haïti, peut-on parler de vivre pour la masse défavorisée ?
Haïti et sa décente aux enfers
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