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Une fixation troublante sur l’aide internationale

Une fixation troublante sur l’aide internationale

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La terre a de nouveau tremblé en Haïti le 6 octobre 2018. Des centaines de blessés et plus d’une quinzaine de morts ont été recensés dans des départements du Grand Nord. Des dégâts matériels regrettables sont également à déplorer. Les plus hautes autorités du pays n’ont pas tardé à se rendre au chevet des victimes. Et les secours ont commencé à être acheminés quelques heures après les premières secousses, se réjouit le Gouvernement.Malgré cette célérité qui rend les dirigeants fiers d’eux-mêmes, l’une des premières déclarations faites par le président et son Premier ministre était un appel à peine voilé à l’aide internationale.

La terre a de nouveau tremblé en Haïti le 6 octobre 2018. Des centaines de blessés et plus d’une quinzaine de morts ont été recensés dans des départements du Grand Nord. Des dégâts matériels regrettables sont également à déplorer. Les plus hautes autorités du pays n’ont pas tardé à se rendre au chevet des victimes. Et les secours ont commencé à être acheminés quelques heures après les premières secousses, se réjouit le Gouvernement.Malgré cette célérité qui rend les dirigeants fiers d’eux-mêmes, l’une des premières déclarations faites par le président et son Premier ministre était un appel à peine voilé à l’aide internationale. On en était encore aux toutes premières évaluations. Des citoyens ne croyaient pas à un bilan grave au point de devoir faire solliciter les fameux bienfaiteurs de la Communauté internationale. « Le Gouvernement veut faire les choses autrement. Nous n’allons pas laisser les interventions se faire comme en 2010 », a dit le Premier ministre Jean Henri Céant avant une réunion avec les bailleurs internationaux. Des propos qui corroborent les consignes données par le chef de l’État selon lesquelles l’aide internationale devrait passer par le Gouvernement.L’acceptation de l’aide internationale n’est pas automatique en cas de désastre naturel. C’est, en tout cas, ce que laisse comprendre l’exemple de plusieurs pays comme le Chili, la Chine et l’Indonésie qui ont connu des catastrophes de loin plus graves que le séisme du 6 octobre. La gestion de l’urgence commence par une mobilisation de la solidarité nationale. Et c’est seulement quand les nationaux sont dépassés que l’aide internationale est acceptée. Une logique plutôt normale dans les communautés qui savent se prendre en charge.Comme un patient qui a développé une dépendance à un médicament, l’attente de l’aide étrangère devient un réflexe en Haïti. Cela anéantit carrément tout élan de solidarité nationale. Les compagnies nationales, les associations socioprofessionnelles, les fondations ou autres organisations de bienfaisance ne sont pas sollicitées, du moins pas ouvertement. Les nombreux travailleurs sociaux et psychologues formés gratuitement à l’Université d’État d’Haïti n’ont pas été impliqués dans les opérations de secours alors que les réactions post-traumatiques ne cessent de compliquer la situation dans les zones touchées. Certains dons collectés par des citoyens de bonne volonté tarderaient même à être reçus puis acheminés aux bénéficiaires, à en croire quelques commentaires sur les réseaux sociaux.Les critiques les plus acerbes contre les autorités les font souvent passer pour des cyniques qui font leur beurre dans le malheur des citoyens qu’ils dirigent. Les pratiques de détournement de dons et cette fixation sur l’aide étrangère tendent malheureusement à donner raison à de telles analyses. Héritage de l’esclavagisme ? Conséquence de l’impérialisme ? Opportunisme aveugle ? Quoi qu’il en soit, cette compulsion de toujours tendre la main pour recevoir des étrangers ne peut qu’enfoncer le pays dans l’indignité et la honte.Mais, le macabre à un certain moment, peut dépasser les bornes.Et la bonne nouvelle est qu’ils exigent que la démocratie haïtienne ne fasse pas table rase de la morale et de l’éthique, et ce jusqu’à secouer le joug du vieux machisme haïtien.Il nous faut sortir du dilemme Petro blokaj versus Petro dechoukaj. Aussi est-il important pour les pouvoirs publics d’agir vite afin d’éviter la fatalité du pire.Il est vrai que ce qui est catastrophique pour la ville des Gonaïves et sa région, ce qui est loin d’être naturelle, réside dans l’appauvrissement progressive, mais dramatique, de la population.Dans les années 70 du siècle dernier, pour une population de moins de cent mille âmes, l’économie de la ville était portée par plusieurs manufactures spécialisées (IDAI, par exemple) et une forte activité de l’industrie extractive.En 2018, après la fermeture des usines, quelques deux inondations d’importance et deux carnavals, Gonaïves gère quelques commerces, ses envies de révolte et les projets d’avenir de quatre cent mille personnes, au moins.Pour ce triste anniversaire, la meilleure manière d’honorer les victimes serait d’imaginer la revitalisation des Gonaïves pour que cette vielle arrête d’exercer un pouvoir d’attraction sur les catastrophes.Nous nous permettons de douter. Aujourd’hui, ramène aussi le 81e anniversaire du massacre, par les Dominicains, de plus de vingt mille Haïtiens au nord de la frontière entre les deux pays.Ce n’est ni normal ni naturel qu’en 2018, près de deux cent mille Haïtiens « illégaux » en République dominicaine, genoux à terre, tentent tout pour éviter l’expulsion.Le problème de la tonnelle !Un sociologue dont je tairai le nom disait qu’un peuple qui adore ses dieux sous une tonnelle n’est pas capable de voir le ciel.Certains peuvent être offusqués par cette boutade, mais il est indiscutable que nous sommes petits et qu’il nous faut changer nos manières de comprendre nos relations avec notre lieu. Et tout commence par les détails. Ce bruit partout qu’on accepte. Ces fatras qu’on enlève en plein jour et qui causent des embouteillages monstrueux. Accepter d’être ridiculisé, rabaissé, racketté pour un service auquel on a droit. Admettre qu’on peut installer un voyou au Parlement. Des tonnes d’anormalités.Alors que des porcs et des fous circulent en toute liberté dans nos rues, il n’y a pas de quoi en faire une histoire. Certains ont même des sirènes.Qu’on avoue publiquement qu’on nous méprise, qu’on nous hait et les marrons, les vrais vainqueurs des troupes de Leclerc en 1803 se ressouviendront de leurs faits d’armes.C’est bien beau d’indexer le peuple, de lui dire qu’il est sauvage, pas civilisé quand c’est vous qui implémentez la misère, qui financez les gangs et le chaos.L’union est la force d’une nation, mais la place des psychopathes est à l’asile.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

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