À quand la professionnalisation de la Police nationale d’Haïti ?
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L’effectif de la Police nationale d’Haïti vient d’être renforcé. Avec la graduation des 692 nouveaux agents de la 29e promotion, la PNH avance vers l’atteinte d’un objectif, celui d’améliorer le ratio police population. Et la cérémonie de graduation qui a eu lieu le 19 septembre dernier a été, comme d’habitude, une belle occasion tant pour les récipiendaires que pour les membres du CSPN et le président de la République.Heureusement que tout se passait sur la route de Frères. Dans ce quartier, tout est calme. Les autorités ne craignaient pas d’être désavouées par la terreur répandue par les gangs de Martissant et de Village de Dieu.
L’effectif de la Police nationale d’Haïti vient d’être renforcé. Avec la graduation des 692 nouveaux agents de la 29e promotion, la PNH avance vers l’atteinte d’un objectif, celui d’améliorer le ratio police population. Et la cérémonie de graduation qui a eu lieu le 19 septembre dernier a été, comme d’habitude, une belle occasion tant pour les récipiendaires que pour les membres du CSPN et le président de la République.Heureusement que tout se passait sur la route de Frères. Dans ce quartier, tout est calme. Les autorités ne craignaient pas d’être désavouées par la terreur répandue par les gangs de Martissant et de Village de Dieu. Le ministre de la Justice, Jean Roody Aly, avocat éloquent, n’a pas manqué de réitérer les engagements pris par le président Jovenel Moïse en faveur de la stabilité.« Stabilité », ce mot est sorti facilement de la bouche de celui qui a pourtant promis, il y a quatre mois, de rétablir la paix dans les zones rouges de la capitale. En attendant que le garde des Sceaux de la République trouve les moyens de sa politique, les gangs de Village de Dieu et de Martissant assiègent une partie de la capitale, menacent les passants et tuent impunément des innocents.Alors que les plus hautes autorités en matière de sécurité savouraient leur satisfaction face aux progrès de l’institution policière, le sous-commissariat du Canapé-Vert, en plein coeur de la capitale, en était à sa deuxième semaine de paralysie à cause d’un véhicule tombé en panne. La ligne d’urgence (114) n’arrêtait pas de sonner sans réponse. La base de données de la Police scientifique restait largement incomplète pour ne pas dire inexistante. Et de nombreux policiers, en panne de motivation, étaient nonchalants sur leurs postes de travail. Mais la devise n’a pas changé : « Protéger et servir » !Allons-nous devoir parler de massification au lieu de professionnalisation de la Police ? Au bout de sept mois, 692 jeunes gens sont devenus policiers. Comme beaucoup de leurs ainés, certains n’ont décroché que leur certificat de fin d’études fondamentales. Le métier de la Police, exercé avec courage par les jeunes en proie au chômage, est galvaudé en Haïti. Le mot vocation perd tout son sens. Face à ses défis, la PNH, devra, pour mieux remplir sa mission, se réévaluer à l’aune des indicateurs universellement admis dans son domaine.Faudra-t-il attendre que la PNH compte 20 000 agents pour enfin relever le niveau académique du policier et lui accorder un traitement digne de sa mission ? Évaluer les menaces en matière de sécurité publique, identifier puis faire face aux facteurs criminogènes et gagner la confiance de la population sont l’apanage de spécialistes bien équipés et bien traités. Le choix d’opérer une vraie réforme s’impose. Qui veut aller loin ménage sa monture !Nos chefs sont avertis. S’ils sont sincères dans leur projet de transformation de l’État, il faudra en plus d’un document de réforme bien ficelé, une volonté politique qui s’apparenterait à une véritable révolution culturelle.Aussi, il faut admettre que l’empreinte destructrice des gonaïviens sur une terre marécageuse au niveau de la mer a facilité la catastrophe. Si la ville avait été habitée autrement, l’inondation n’aurait pas provoqué autant de morts et affecté, pour encore longtemps, l’économie moribonde de la ville.Il est vrai que ce qui est catastrophique pour la ville des Gonaïves et sa région, ce qui est loin d’être naturelle, réside dans l’appauvrissement progressive, mais dramatique, de la population.Dans les années 70 du siècle dernier, pour une population de moins de cent mille âmes, l’économie de la ville était portée par plusieurs manufactures spécialisées (IDAI, par exemple) et une forte activité de l’industrie extractive.En 2018, après la fermeture des usines, quelques deux inondations d’importance et deux carnavals, Gonaïves gère quelques commerces, ses envies de révolte et les projets d’avenir de quatre cent mille personnes, au moins.Pour ce triste anniversaire, la meilleure manière d’honorer les victimes serait d’imaginer la revitalisation des Gonaïves pour que cette vielle arrête d’exercer un pouvoir d’attraction sur les catastrophes.Nous nous permettons de douter. Aujourd’hui, ramène aussi le 81e anniversaire du massacre, par les Dominicains, de plus de vingt mille Haïtiens au nord de la frontière entre les deux pays.Ce n’est ni normal ni naturel qu’en 2018, près de deux cent mille Haïtiens « illégaux » en République dominicaine, genoux à terre, tentent tout pour éviter l’expulsion.Le problème de la tonnelle !Un sociologue dont je tairai le nom disait qu’un peuple qui adore ses dieux sous une tonnelle n’est pas capable de voir le ciel.Certains peuvent être offusqués par cette boutade, mais il est indiscutable que nous sommes petits et qu’il nous faut changer nos manières de comprendre nos relations avec notre lieu. Et tout commence par les détails. Ce bruit partout qu’on accepte. Ces fatras qu’on enlève en plein jour et qui causent des embouteillages monstrueux. Accepter d’être ridiculisé, rabaissé, racketté pour un service auquel on a droit. Admettre qu’on peut installer un voyou au Parlement. Des tonnes d’anormalités.Alors que des porcs et des fous circulent en toute liberté dans nos rues, il n’y a pas de quoi en faire une histoire. Certains ont même des sirènes.Qu’on avoue publiquement qu’on nous méprise, qu’on nous hait et les marrons, les vrais vainqueurs des troupes de Leclerc en 1803 se ressouviendront de leurs faits d’armes.C’est bien beau d’indexer le peuple, de lui dire qu’il est sauvage, pas civilisé quand c’est vous qui implémentez la misère, qui financez les gangs et le chaos.L’union est la force d’une nation, mais la place des psychopathes est à l’asile.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.
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