Les trente propositions d’amendement de la Constitution annoncées par une commission spéciale de la Chambre des députés ont fait sensation et provoqué diverses réactions dans l’opinion publique. Il faut dire que dans l’ensemble, ce projet de refonte constitutionnelle a fière allure. Il ne propose ni plus ni moins que réduire le nombre de parlementaires, ce qui, aux yeux de certains, pourrait faire énormément de bien au budget national sans que pour autant, l’Assemblée nationale pâtisse en termes de représentation. La multiplication des circonscriptions électorales est apparue beaucoup plus comme une augmentation inutile des charges étatiques en même temps qu’elle accentuait les conflits politiques dans nos régions. Les commissaires se proposent de rendre le chef de l’État comptable des deniers publics.
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Les routes bloquées, les automobilistes et leurs passagers pris en otage par des groupes de la population en colère, sont des faits devenus d’une grande banalité chez nous. Quand on quitte la capitale, en direction du Sud ou du Nord, on doit toujours s’attendre à être retardé. Empêcher la circulation sur une voie nationale en utilisant des moyens violents est totalement inacceptable. Inacceptable aussi l’attitude des prétendues autorités qui ne laissent d’autres choix à la population que le recours à la violence pour forcer l’État à se pencher sur ses doléances.Dans la nuit du dimanche au lundi, entre minuit et six heures du matin, des milliers de citoyens se sont vus interdire de traverser la ville du Limbé.
Les routes bloquées, les automobilistes et leurs passagers pris en otage par des groupes de la population en colère, sont des faits devenus d’une grande banalité chez nous. Quand on quitte la capitale, en direction du Sud ou du Nord, on doit toujours s’attendre à être retardé. Empêcher la circulation sur une voie nationale en utilisant des moyens violents est totalement inacceptable. Inacceptable aussi l’attitude des prétendues autorités qui ne laissent d’autres choix à la population que le recours à la violence pour forcer l’État à se pencher sur ses doléances.Dans la nuit du dimanche au lundi, entre minuit et six heures du matin, des milliers de citoyens se sont vus interdire de traverser la ville du Limbé. Des dizaines d’autobus transportant des gens devant se rendre sur leur lieu de travail étaient immobilisés. Certains de ces véhicules ont été en plusieurs fois vandalisés en divers endroits, leurs vitres brisées, leurs pneus crevés.Vivre ces moments s’apparente à un cauchemar. On touche du doigt la plaie. On se rend compte comment tous les citoyens de ce pays sont livrés à eux-mêmes et comment lesdites autorités ne sont que des comédiens, le roman de Graham Green ne dévoilant qu’une infime partie de la déchéance du pouvoir politique en Haïti.Lundi matin au Limbé, autour d’une heure du matin, ce qui a été vécu était digne d’un vrai film catastrophe style Madmax. Cité de fin du monde, route jonchée de tout ce qui peut empêcher l’avancée d’un véhicule, route déjà dans un état à la limite de l’utilisation avec l’asphalte troué, arraché partout comme par un bombardement. Le long des autobus immobilisés, passait parfois une voiture de Police, comme un pied de nez aux citoyens dans l’attente, nos policiers n’avaient aucun moyen d’intervenir. Quand les politiciens ont pourri jusqu’à l’extrême une situation, les forces dites de l’ordre sont réduites à être les spectateurs d’un show de mauvais goût, leur présence ne pouvant peut-être qu’empêcher qu’on s’en prenne physiquement aux personnes.Car la grande question cette nuit au Limbé était que ce serait-il passé si des groupes violents s’en étaient pris aux passagers des autobus qui étaient à cette heure avancée de la nuit, les principales personnes en danger ?La raison de ce mouvement sur la Nationale 1 dans un état déplorable à partir de la descente du Puilboro vers le Cap, est, selon les premiers témoignages, les mensonges réitérés du pouvoir en place envers la population, en particulier celle du Limbé. Les politiciens font, partout, du mensonge un outil courant, mais le gouvernement actuel semble battre tous les records selon l’avis de plus d’un.L’une des conséquences catastrophiques de la non-gouvernance est l’explosion de l’insécurité sous toutes ces formes. De cette insécurité la non-gouvernance s’en nourrit, car elle est aussi l’espace privilégié de toute une nuée de médiocres qui ne sauraient exister dans un lieu sain où la compétence serait mise à profit pour le bien de la population.Quelqu’un qui a vécu les évènements de la nuit du dimanche au lundi au Limbé en provenance du Cap-Haïtien a d’autant plus passé un mauvais moment que la nuit d’avant il a pu constater ce qui est advenu de la seconde ville du pays. Une averse de quelques minutes avait presque enseveli la cité sous les eaux, les ordures et la boue. Comme si le pays n’en pouvait plus sous cette accumulation d’ignorance, d’inconscience et de mépris.Quoi qu’il en soit le débat est ouvert. Le pays a besoin d’une autre gouvernance, d’une autre « République » qu’une réforme constitutionnelle aussi ambitieuse soit-elle ne pourrait, à elle toute seule, apporter. Mais ici, comme dans la fable, c’est le premier pas qui coûte.Alors un drapeau sale et déchiré flottant au sommet d’un édifice public ou d’un commissariat, devrait-on s’en étonner ?Le drapeau est ce qu’on est. Ce n’est pas un détail si ces drapeaux sont sales et déchirés.Il y a eu une incursion de soldats dominicains en territoire haïtien dans la région de Belladère. Les circonstances de l’affaire ne sont pas claires, car du côté haïtien, on n’a vraiment pas eu une réaction officielle. Mais il y a plein de réactions sur les réseaux sociaux comme celle de dire de cesser tout commerce, toute relation avec le pays voisin.Ces gens auraient dû voir un documentaire du journaliste Ives Marie Channel sur nos territoires frontaliers. Une honte pour l’État et les gouvernements haïtiens. La frontière n’est pas Malepasse, Ouanaminthe, Anse à Pitre seulement. C’est plus de trois-cents kilomètres de frontière et la majorité de la population qui y vit dépend de la République dominicaine pour l’éducation, la santé, l’eau potable, etc. Ce documentaire, les âmes prudes, nos nationalistes de pacotille, évitent de le visionner, ou s’ils l’ont visionné, ils préfèrent l’oublier.Et pourtant c’est la moindre des choses que de veiller à ce qu’un drapeau sur un édifice public soit fier. Si on n’est même pas capable de penser à cela, on a quelque chose qui ne fonctionne pas nos têtes.Le problème de la tonnelle !Un sociologue dont je tairai le nom disait qu’un peuple qui adore ses dieux sous une tonnelle n’est pas capable de voir le ciel.Certains peuvent être offusqués par cette boutade, mais il est indiscutable que nous sommes petits et qu’il nous faut changer nos manières de comprendre nos relations avec notre lieu. Et tout commence par les détails. Ce bruit partout qu’on accepte. Ces fatras qu’on enlève en plein jour et qui causent des embouteillages monstrueux. Accepter d’être ridiculisé, rabaissé, racketté pour un service auquel on a droit. Admettre qu’on peut installer un voyou au Parlement. Des tonnes d’anormalités.Alors que des porcs et des fous circulent en toute liberté dans nos rues, il n’y a pas de quoi en faire une histoire. Certains ont même des sirènes.Qu’on avoue publiquement qu’on nous méprise, qu’on nous hait et les marrons, les vrais vainqueurs des troupes de Leclerc en 1803 se ressouviendront de leurs faits d’armes.C’est bien beau d’indexer le peuple, de lui dire qu’il est sauvage, pas civilisé quand c’est vous qui implémentez la misère, qui financez les gangs et le chaos.L’union est la force d’une nation, mais la place des psychopathes est à l’asile.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.
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