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Les chantiers d’une nouvelle république?

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Les trente propositions d’amendement de la Constitution annoncées par une commission spéciale de la Chambre des députés ont fait sensation et provoqué diverses réactions dans l’opinion publique. Il faut dire que dans l’ensemble, ce projet de refonte constitutionnelle a fière allure. Il ne propose ni plus ni moins que réduire le nombre de parlementaires, ce qui, aux yeux de certains, pourrait faire énormément de bien au budget national sans que pour autant, l’Assemblée nationale pâtisse en termes de représentation. La multiplication des circonscriptions électorales est apparue beaucoup plus comme une augmentation inutile des charges étatiques en même temps qu’elle accentuait les conflits politiques dans nos régions. Les commissaires se proposent de rendre le chef de l’État comptable des deniers publics.

Les trente propositions d’amendement de la Constitution annoncées par une commission spéciale de la Chambre des députés ont fait sensation et provoqué diverses réactions dans l’opinion publique. Il faut dire que dans l’ensemble, ce projet de refonte constitutionnelle a fière allure. Il ne propose ni plus ni moins que réduire le nombre de parlementaires, ce qui, aux yeux de certains, pourrait faire énormément de bien au budget national sans que pour autant, l’Assemblée nationale pâtisse en termes de représentation. La multiplication des circonscriptions électorales est apparue beaucoup plus comme une augmentation inutile des charges étatiques en même temps qu’elle accentuait les conflits politiques dans nos régions. Les commissaires se proposent de rendre le chef de l’État comptable des deniers publics. Ce qui dans la conjoncture actuelle marquée par moult revendications autour du dossier Petrocaribe, acquiert une résonance particulière.Il s’agit de responsabiliser le premier mandataire de la nation sur des questions stratégiques en rapport avec la corruption et les autres formes de gabegie administrative qui affaiblissent le rendement de l’État. Ce pays est sous-administré et, de manière récurrente, se pose la question des arriérés salaires qui plombent le fonctionnement de secteurs clés comme la santé et l’éducation. Or il se trouve qu’une hémorragie financière savamment orchestrée par des éléments occultes a depuis toujours rendu exsangue un budget national déjà anémique.La question de la suppression du poste de Premier ministre et des marchandages existant autour de cette fonction depuis qu’elle figure dans la loi mère a été soulevée avec à-propos par les commissaires. Il est franchement dommage de constater que, dans un pays aux urgences aussi criantes-, le processus de nomination et de ratification d’un Premier ministre prenne autant de temps. L’élégant prétexte de « partage des responsabilités » cache des manoeuvres politiques pas toujours loyales et respectables.De plus, le Premier ministre doit faire une longue et souvent ennuyeuse déclaration de politique générale qui se perd dans le marathon d’une épuisante nuit parlementaire. Tout le monde sait que le vote qui suivra n’est nullement lié à cette interminable logorrhée nocturne. La sagesse populaire dit souvent, avec raison, que la « nuit les chats sont gris », ce n’est que plus vrai dans ce contexte ou la déclaration de politique générale s’assimile à un rituel vidé de toute substance.Le projet d’amendement constitutionnel compte aussi revoir le nombre de magistrats par commune. Les municipalités font en effet régulièrement face à une véritable crise d’autorité, en raison de conflits entre des commissions communales pas toujours imbues des attributions de chaque membre. On ne compte plus le nombre de municipalités non fonctionnelles en raison de mésententes entre les maires en charge se disputant des miettes de pouvoir.Les membres de la commission parlementaire ont su respecter certains points forts de la Constitution de 1987 comme la nécessaire décentralisation et aussi la déconcentration qui tardent aujourd’hui encore à se matérialiser, ce qui prouve que les constitutions aussi belle que soit leur architecture, la question de la volonté des acteurs de respecter les lois demeure primordiale.De nombreux chercheurs et spécialistes en droit constitutionnel ont émis quelques réserves sur le texte d’amendement. L’écrivain et politologue Eric Sauray cité par nos confrères d’Haïti Libre a relevé certaines erreurs dans le travail de la Commission ce dit-il « dans l’esprit de faire avancer les choses et d’éviter les tacles non académiques ». Il exprime son irritation de ce qu’on ait attribué au second rapport d’étape le titre plutôt ambitieux de : « Ce que pense la nation ».Toujours est-il que, tout en reconnaissant les points pertinents soulevés dans le rapport, le politologue invite à un plus large débat. Ce que n’ont pas manqué de souligner le mercredi 29 aout dernier les présidents de deux chambres Joseph Lambert et Gary Bodeau, lors de la présentation officielle des travaux de la Commission Tardieu.Quoi qu’il en soit le débat est ouvert. Le pays a besoin d’une autre gouvernance, d’une autre « République » qu’une réforme constitutionnelle aussi ambitieuse soit-elle ne pourrait, à elle toute seule, apporter. Mais ici, comme dans la fable, c’est le premier pas qui coûte.Alors un drapeau sale et déchiré flottant au sommet d’un édifice public ou d’un commissariat, devrait-on s’en étonner ?Le drapeau est ce qu’on est. Ce n’est pas un détail si ces drapeaux sont sales et déchirés.Il y a eu une incursion de soldats dominicains en territoire haïtien dans la région de Belladère. Les circonstances de l’affaire ne sont pas claires, car du côté haïtien, on n’a vraiment pas eu une réaction officielle. Mais il y a plein de réactions sur les réseaux sociaux comme celle de dire de cesser tout commerce, toute relation avec le pays voisin.Ces gens auraient dû voir un documentaire du journaliste Ives Marie Channel sur nos territoires frontaliers. Une honte pour l’État et les gouvernements haïtiens. La frontière n’est pas Malepasse, Ouanaminthe, Anse à Pitre seulement. C’est plus de trois-cents kilomètres de frontière et la majorité de la population qui y vit dépend de la République dominicaine pour l’éducation, la santé, l’eau potable, etc. Ce documentaire, les âmes prudes, nos nationalistes de pacotille, évitent de le visionner, ou s’ils l’ont visionné, ils préfèrent l’oublier.Et pourtant c’est la moindre des choses que de veiller à ce qu’un drapeau sur un édifice public soit fier. Si on n’est même pas capable de penser à cela, on a quelque chose qui ne fonctionne pas nos têtes.Le problème de la tonnelle !Un sociologue dont je tairai le nom disait qu’un peuple qui adore ses dieux sous une tonnelle n’est pas capable de voir le ciel.Certains peuvent être offusqués par cette boutade, mais il est indiscutable que nous sommes petits et qu’il nous faut changer nos manières de comprendre nos relations avec notre lieu. Et tout commence par les détails. Ce bruit partout qu’on accepte. Ces fatras qu’on enlève en plein jour et qui causent des embouteillages monstrueux. Accepter d’être ridiculisé, rabaissé, racketté pour un service auquel on a droit. Admettre qu’on peut installer un voyou au Parlement. Des tonnes d’anormalités.Alors que des porcs et des fous circulent en toute liberté dans nos rues, il n’y a pas de quoi en faire une histoire. Certains ont même des sirènes.Qu’on avoue publiquement qu’on nous méprise, qu’on nous hait et les marrons, les vrais vainqueurs des troupes de Leclerc en 1803 se ressouviendront de leurs faits d’armes.C’est bien beau d’indexer le peuple, de lui dire qu’il est sauvage, pas civilisé quand c’est vous qui implémentez la misère, qui financez les gangs et le chaos.L’union est la force d’une nation, mais la place des psychopathes est à l’asile.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

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