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Le vent de juillet !

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Les consultations se poursuivent entre le président de la République et différents secteurs de la vie nationale en vue du choix d’un nouveau chef de gouvernement. Ces rencontres ont lieu dans un contexte particulièrement tendu, suite aux émeutes des 6, 7, 8 juillet 2018. Il se trouve que tout nouveau gouvernement devra incarner de nouvelles espérances, alors que les ressources financières manquent cruellement. La communauté internationale a déjà posé ses ultimes et léonines conditions avant tout déblocage de nouveaux fonds. L’on sait que la fin des subventions à l’essence en faisait partie et que finalement tout cela s’est terminé dans la violence et les flammes.Les grandes manoeuvres autour du pouvoir se poursuivent pour savoir qui décrochera le Graal de la primature. En se remémorant les chaudes journées de ce début de juillet, on mesure toute la vanité de ces combats d’arrière-garde pour un pouvoir aussi fragile et détonant.

Les consultations se poursuivent entre le président de la République et différents secteurs de la vie nationale en vue du choix d’un nouveau chef de gouvernement. Ces rencontres ont lieu dans un contexte particulièrement tendu, suite aux émeutes des 6, 7, 8 juillet 2018. Il se trouve que tout nouveau gouvernement devra incarner de nouvelles espérances, alors que les ressources financières manquent cruellement. La communauté internationale a déjà posé ses ultimes et léonines conditions avant tout déblocage de nouveaux fonds. L’on sait que la fin des subventions à l’essence en faisait partie et que finalement tout cela s’est terminé dans la violence et les flammes.Les grandes manoeuvres autour du pouvoir se poursuivent pour savoir qui décrochera le Graal de la primature. En se remémorant les chaudes journées de ce début de juillet, on mesure toute la vanité de ces combats d’arrière-garde pour un pouvoir aussi fragile et détonant. Les enjeux dépassent en effet les exercices habituels en futilité autour de postes officiels qui font fantasmer nos chefs. Il s’agit au-delà du destin individuel de femmes et d’hommes qui veulent servir ou se servir, de la destruction complète ou de la remontée des cendres d’une nation qui n’a rien perdu de ses rêves de grandeur.Il y a dans ce pays une incroyable capacité à perdre les opportunités les plus saisissantes qui donne froid dans le dos. Le danger de retomber à chaque fois, dans les mêmes travers de course individuelle et forcenée, vers les sommets du pouvoir nous guette à chaque période de crise. Tout se passe comme si nous étions frappés d’une impuissance sordide dans ces moments tragiques ou nous devons élever nos âmes.Ce que le peuple des barricades attend du nouveau gouvernement, ce ne sont plus des contes de fées, mais un cadre réaliste de travail avec des objectifs mesurables. Une donnée qui revient beaucoup dans l’opinion est la réduction du train de vie de l’État. D’autres revendications n’attendront pas comme : la lutte non feinte, mais résolue contre la corruption qui permettra de récupérer des sommes folles perdues dans les ramifications souterraines du crime organisé ; la fin des grèves intempestives qui sont la résultante d’une gouvernance au rabais ; une meilleure gestion des hôpitaux publics ; une réorganisation des services de l’État dans le respect de la citoyenneté en lieu et place de cette humiliation quotidienne pour obtenir une carte d’identification nationale ; la fin de l’indignité sanitaire qui accable nos rues.Il existe d’autres objectifs qui ne dépendent pas du gouvernement, mais de l’ensemble de la communauté en crise. La mise en orbite d’un vrai dialogue national est rendue impérative par les flammes destructrices de ces derniers jours. Notre malheur vient du fait qu’il n’y a aucun secteur qui jouisse auprès de l’opinion de la crédibilité suffisante pour lancer une telle initiative. Toujours est-il que l’heure n’est plus au jugement de valeur, il faudra se lancer dans la construction de ponts et de digues pour contenir les flots du désespoir. L’armée « souffrante » des barricades, nous ne parlons pas ici des professionnels du désordre aux ordres de quelques politiciens, mais du peuple du « 6 juillet » qui n’a pas participé au pillage, attend enfin le grand sursaut national.Le calme réparateur qui résiste jusqu’ici, aux chants des sirènes politiciens ne durera pas une éternité. Le changement de paradigmes tant souhaité par plus d’un est devenu comme disait un philosophe un impératif catégorique.Les émeutes, la récupération du choc qui s’en est suivi, la démission du Premier ministre, les candidats qui sautent dans la foule pour se faire remarquer, les consultations décisives pour choisir le futur chef de Gouvernement ont déclenché un activisme communicationnel sans précédent. Tel ministre se défend violemment des accusations de tel autre au nom des valeurs primaires de solidarité et de collégialité. Tel sénateur enfonce l’autre qui le défonce à son tour. La cacophonie est revendiquée et abusée à outrance. Il est évident que les acteurs politiques, du moins ceux qui sont dans la démesure de la parole, ont perdu le contrôle de leur communication politique et ne peuvent plus influencer positivement l’opinion publique.Ceci étant posé, le Premier ministre démissionnaire n’a jamais su convaincre par la parole, l’outil principal du responsable politique. Le discours n’a pas remplacé le stéthoscope ! Et, ca vient avec la fonction de chef de Gouvernement. La communication politique joue un rôle de premier plan dans l’action publique. Jusqu’à la démission de M. Lafontant, il était convenu que l’orgueil et l’élégance accompagnaient toujours les sorties de scène. La lettre de démission, telle une ordonnance rapidement griffonnée, prouve que le Premier ministre n’a pas le goût de la langue. Ni celle du peuple ni celle des élites de Pétion-Ville et de Kenscoff.Quant aux élites économiques de ce pays outrageusement victimes de ces violences, il est venu pour eux l’heure d’opérer un bilan honnête autour des engagements pris en faveur de l’environnement, de la culture, de l’éducation dans une perspective de solidarité. Combien de musées et d’activités littéraires et artistiques, de projets communautaires sont supportés par des organismes privés ? Il en existe quelques rares qui ne font pas encore la différence. Et cette inaction ou cette passivité ne fait que mettre à nu les inégalités et renforcer les conflits de classe.De son côté, L’Opposition politique doit se rendre plus crédible. Les conférences de presse dominées par l’invective et la menace ne font pas un projet de société. Ce pays a les moyens de s’en sortir. Cependant, il faut surtout que nos pratiques changent, et ce à quelque secteur que nous appartenons.Le pays pourra ne pas survivre à deux désastres en l’espace de quelques jours.Jean-Euphèle Milcé   Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

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