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Quelle gouvernance économique pour l’Haïti de demain?

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Il est venu le temps de secouer la production nationale de sa profonde léthargie en augmentant les tarifs douaniers prélevés sur des produits importés. En effet, le ministère de l’Économie et des Finances (MEF), dans un document rendu public le weekend dernier et intitulé « Politique douanière: encourager la production nationale », a dressé une liste de 22 familles de produits (aliments, boissons, peinture, tabac, détergents) susceptibles d’être fournis par des entreprises en Haïti qui se targuent d’être en mesure de satisfaire la demande locale.

Il est venu le temps de secouer la production nationale de sa profonde léthargie en augmentant les tarifs douaniers prélevés sur des produits importés. En effet, le ministère de l’Économie et des Finances (MEF), dans un document rendu public le weekend dernier et intitulé « Politique douanière: encourager la production nationale », a dressé une liste de 22 familles de produits (aliments, boissons, peinture, tabac, détergents) susceptibles d’être fournis par des entreprises en Haïti qui se targuent d’être en mesure de satisfaire la demande locale.Par cette mesure, le gouvernement se propose de booster les investisseurs locaux en les incitant à consolider le tissu productif local. Il impose de ce fait un ajustement des tarifs douaniers allant de 100 à 40%. Cette velléité du MEF sous-tend le renforcement en parallèle des politiques publiques, la promotion des entreprises d’importations et la synchronisation des actions gouvernementales visant à encourager l’investissement. Elle vient en complément de l’arrêté de mars 2018 imposant l’utilisation exclusive de la gourde pour toutes les transactions sur le sol national.Si le gouvernement n’avait pas tenu compte de l’avis de l’opinion publique nationale pour prendre cette décision, qu’en est-il pour celle qui porte précisément sur les tarifs douaniers prélevés sur les produits importés? Au fait, ledit arrêté n’a rien changé jusqu’ici à la dépréciation de la gourde par rapport au dollar d’autant plus qu’il avait négligé l’important paramètre intéressant les producteurs nationaux (artisans, ouvriers agricoles...). De là se pose la problématique de la gouvernance économique qui passe nécessairement par la coordination des politiques monétaires et budgétaires et la régulation des marchés.La gouvernance économique concerne l’ensemble des institutions et des politiques publiques favorisant le développement de l’activité économique en perspective d’un potentiel de croissance sur la durée. Il y a évidemment une forte interaction entre la gouvernance économique et les politiques publiques. L’une améliore le fonctionnement de l’économie de marché tandis que l’autre renforce les bases du capital et de l’investissement productif. Dans cette optique, on comprend aisément les efforts du gouvernement d’organiser la conduite de la politique monétaire et du budget national, en ouvrant le marché local à la concurrence dans le cadre d’un État fidèle à ses obligations légales et constitutionnelles et soucieux de stimuler les forces productrices. Mais reste à savoir si cette option n’est pas une fuite en avant étant donné que ce thème pourrait faire l’objet de débats passionnants dans le cadre des États généraux sectoriels de la nation.Il ne s’agit pas de remettre en cause ni le besoin de stabilité des prix à moyen terme, ni les revendications légitimes des ouvriers du textile, ni la nécessité d’absorber le choc du déficit budgétaire, ni de satisfaire les exigences de la dette publique, ni de calmer les esprits à ce tournant de la vie nationale où le chef du gouvernement doit répondre, par-devant le parlement qui lui demande des comptes, des résultats concrets de sa politique générale. Il s’agit au contraire de prendre en compte le nécessaire renforcement du potentiel de croissance et l’optimisation de l’utilisation des capacités de production existantes.La banque centrale (BRH) a été maintes fois mise à rude épreuve pour sa conduite de la politique monétaire dont l’objectif opérationnel, dans un système en crise permanente, ne parait pas moins adapté, mais perçu comme inutilement restrictif. Comment éviter ces inconvénients majeurs? En adoptant un objectif inflationniste qui prenne en compte un taux d’inflation sous-jacent hors alimentation et produits de base internes à l’économie et pivot de la promotion de la production nationale.La nouvelle mesure du MEF, exhalera toujours le parfum d’une option intéressée, voire opportune, dans la mesure où elle répond, si l’on ne se trompe, aux exigences d’une gouvernance économique qui parie sur l’Haïti de demain.Il est venu le temps d’investir dans l’emploi massif et les salaires plutôt que dans l’assistance sociale visant à gérer le présent dans l’incertitude des lendemains. Ce sont les vecteurs d’accomplissement personnel et de socialisation qui, contrairement aux modes classiques d’expression des revendications populaires et des indicateurs de changement, réclament la curiosité blasée de l’opinion.Le pays a grandement besoin d’une opposition organisée, mais qui se doit à tout prix d’éviter les facilités ruineuses de l’insurrection permanente a visée électoraliste. Une formule usitée qui souvent ne débouche sur aucune alternative constructive. Il faudrait faire le bilan de nos différentes révoltes armées ou pacifiques depuis deux siècles et orienter nos luttes politiques sur des chemins balisés et débarrassés des embuches politiciennes à courte vue, sans égard pour la chose publique et pour l’intérêt général.Les bons samaritains, les personnes en campagne, les gestionnaires du risque et les Forces armées d’Haïti auraient pu être opérationnels dès maintenant : en apprenant à la population à mieux se protéger, en libérant les rues, les lits des ravines et en aidant les personnes en situation de vulnérabilité à prendre conscience de leur fragilité et agir sur sa réduction.La prévention vaut mieux que la réponse.On peut bien parler de décentralisation. Mais il faut se souvenir que dans la folie et le chaos de ce pays, il faut redéfinir le sens des mots.circonstances d’exercice de cette pratique, admettons-le, poussent àla nostalgie. La voix de Colette Lespinasse ni coquette ni arrogantemanque. Les travaux de Mireille Neptune Anglade, de Suzy Castor, entre autres, ne sont ni exemples ni références pour les abonnées des mots d’ordre de la coopération internationale voire du protectorat de la MINUSTAH.Le mouvement féministe en Haïti a livré des batailles qui ont servi de béquilles à la lutte pour la démocratie et la restitution de leurhumanité à chaque Haïtien. Ceci étant posé, le principe de l’égalité homme femme ne saurait aujourd’hui se confiner aux quotas dans les secteurs hyper valorisés dans un mouvement désarticulé porté par des célébrités incapables de cerner les enjeux majeurs du féminisme et de l’humanité.Ce 8 mars 2018, le commerce du pardon et des bouquets de fleurs fonctionne à plein régime. Des femmes, entre petits fours et autres niaiseries, prennent la parole pour elles, valorisent d’autres dans un cercle d’adoration mutuelle. Sur Facebook, les murs sont pavés de formules bienveillantes. Aux dernières nouvelles, il est nécessaire de poursuivre la lutte.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes sont en chômage technique, sans garantie de retrouver leur précaire place dans la sous-traitance à cause d’un bras de fer entre hommes de pouvoir.Ce 8 mars 2018, des femmes haïtiennes jetées sur la route du Chili et des incertitudes de l’exil sont dans une salle de rétention à l’aéroport de Santiago. Certaines saignent d’angoisse et de désespoir.Hommage, désenchantements et renouvellement du besoin de lutter, la Journée internationale de la femme peut aussi être le prétexte ou l’occasion de rappeler aux femmes et aux hommes du pays qu’il ne faut pas arrêter de marcher ensemble à la même hauteur. La vigilance est toujours de mise.Les bulles de champagne ne font pas autant de bruit que les batwèl des lavandières. Et, malgré, bonne Journée internationale de la femme.

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