Sombre avenir
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Au-delà de l'insécurité multiforme allant de l'insécurité alimentaire au grand banditisme en passant par l'insécurité foncière, le vol, le viol, le kidnapping qui ravage le pays, le paysage politique ne projette rien de rassurant pour les jours à venir. À l'approche du 7 février 2021, les protagonistes de la crise sont restés sur la corde raide. Aucune ligne ne bouge, alors qu'il y va de la survie de la Nation. L'opposition et le pouvoir jouent au chat et à la souris. Et le pays se meurt. Car, depuis bien des mois, il est pris en otage par les politiques et les groupes armés. Cette insécurité grandissante, effrayante qui, aujourd'hui, obscurcit l'avenir des uns et autres, est en partie liée aux actions des politiques.
Au-delà de l'insécurité multiforme allant de l'insécurité alimentaire au grand banditisme en passant par l'insécurité foncière, le vol, le viol, le kidnapping qui ravage le pays, le paysage politique ne projette rien de rassurant pour les jours à venir. À l'approche du 7 février 2021, les protagonistes de la crise sont restés sur la corde raide. Aucune ligne ne bouge, alors qu'il y va de la survie de la Nation. L'opposition et le pouvoir jouent au chat et à la souris. Et le pays se meurt. Car, depuis bien des mois, il est pris en otage par les politiques et les groupes armés. Cette insécurité grandissante, effrayante qui, aujourd'hui, obscurcit l'avenir des uns et autres, est en partie liée aux actions des politiques.
Le pays est aujourd'hui ceinturé, du nord au sud, de l'est à l'ouest, par des gangs armés. Le phénomène du banditisme est devenu une entreprise juteuse qui attire beaucoup de jeunes des quartiers populeux qui sont, certaines fois, téléguidés par des mains invisibles. La situation sécuritaire du pays s'est davantage détériorée lorsque des hommes/femmes politiques ont prêté le flanc à ces activités à des fins à la fois politiques, économiques et électoralistes.
En outre, l'incapacité des dirigeants à assumer pleinement leurs responsabilités vis-à-vis de la population laisse un terroir fertile aux délinquants qui endeuillent quotidiennement les familles haïtiennes. Ce qui a exacerbé la situation. Alors que l'insécurité dans ses différentes manifestations gagne du terrain, l'État, à travers les institutions préposées à cette fin, tarde à apporter les réponses proportionnelles. Et la police, loin de pouvoir réprimer les belligérants, semble être dépassée par la situation d'insécurité qui prévaut actuellement dans le pays. La dernière opération ratée, le vendredi 4 décembre 2020, au village de Dieu en dit long. Et pour répéter le Premier ministre Joseph Jouthe, c'était « gros vent, ti lapli ».
Sans pouvoir résoudre le problème de l'insécurité, considéré comme le plus grand mal du pays, le pouvoir en place table sur d'autres chantiers. Le changement de Constitution et l'organisation des élections demeurent les deux éléments majeurs de l'agenda de Jovenel Moise, alors que l'opposition ne jure que par son départ le 7 février 2021. En absence d'un accord minimal, il est presque évident que les prochains jours/mois ne seront pas radieux. D'autant que le pouvoir en place n'entend pas faire aucune concession sur son agenda. « Avec ou sans accord politique, les élections auront lieu », avait récemment déclaré le Premier ministre. Et le président de renchérir: « même dans les pays en guerre des élections se tiennent ».
À cette phase, le pouvoir est en train de se donner les moyens nécessaires pour mettre en application son agenda en dehors de tout consensus. Le comité d'élaboration de la nouvelle constitution se démène pour délivrer la marchandise, au plus tard, en février 2021, selon les responsables. Parallèlement aux travaux de la commission, l'Exécutif fait sortir des décrets, à tout bout de champ, en marge des prescrits constitutionnels et légaux.
Le dernier décret portant création de l'Agence nationale de l'intelligence rappelle, à plus d'un, les vieilles années d'un temps qu'on croyait être révolu. Et ceci, depuis le 13 janvier 2020, Haïti s'est écartée de la voie démocratique lors que le président de la République a dit constater la caducité du Parlement et agit en dehors de la loi. La façon dont l'Exécutif procède pour changer la Constitution crée déjà un mauvais précédent. La Constitution est bien verrouillée pour empêcher toutes les velléités dictatoriales, mais en procédant de la sorte, le pouvoir en place est en train de fouler aux pieds tous les acquis de la lutte menée par les « quatre-vingt-sixards ». N'importe quel chef, voulant s'octroyer des pouvoirs supra-constitutionnels, peut fabriquer un referendum pour changer la Constitution et se donner des pouvoirs divins. La démocratie n'est pas gagnée d'avance. C'est une lutte quotidienne.
Nous avons déjà expérimenté au cours de notre histoire toutes sortes régimes politiques ( monarchie, autocratie, etc.), tout ceci à travers des changements de constitutions. En 200 ans d'histoire, le pays a connu plus d'une vingtaine de constitutions, pourtant rien n'a changé. Apparemment, le changement de constitution ne serait pas réellement le problème du pays contrairement aux dires des chefs. Bref. Des deux côtés de la barre, rien de bon ne se point encore à l'horizon. Pas de perspectives socio-économiques sans l'amélioration du climat sécuritaire et de l'environnement politique. La matière grise du pays (84 % selon les chiffres avancés, récemment par le Premier ministre Joseph Jouthe) émigre vers d'autres cieux plus cléments. Ici, l'avenir s'assombrit, chaque jour qui passe le pays s'enlise davantage dans les bas-fonds.
Noclès Débréus
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