Quelqu’un avait eu à écrire au début des années 2010 au lieu de nous envoyer des militaires, les Nations Unies auraient dû mettre à notre disposition une armée de psychologues et de psychiatres. Ce que nous vivons depuis plus de quatre ans donne raison à ce point de vue.
À quel mobile obéissent les destructions à Port-au-Prince ? Les théoriciens du complot ont longuement disserté sur des mines se trouvant dans notre sous-sol. On a même entendu la thèse farfelue reprise parfois par des chroniqueurs étrangers ne connaissant rien à la chose haïtienne que nos bandits seraient, comme quoi, des révolutionnaires voulant mettre à la raison nos oligarques les quelques familles qui contrôleraient l’économie du pays. Mais celui qui a le minimum de formation sait ce qu’on appelle un révolutionnaire. Même quand un révolutionnaire a recours à des méthodes, disons peu orthodoxes, il le fait dans le but d’atteindre un objectif qui est bien défini. Piller, violer, tuer, pour le simple plaisir ou pour soumettre une population à sa volonté relève de la pure délinquance. Et puis, un révolutionnaire ne se permettra pas de dire wòch nan dlo pral konn doulè wòch nan solèy.
Comment peut-on comprendre que des Haïtiens appuient les gangs en leur fournissant armes et munitions. C’est vrai que l’appât du gain peut amener des individus au pire extrême. Mais ici, au-delà de l’appât du gain, on ne peut expliquer une telle attitude que par une haine envers son pays, haine due à une frustration, à un mépris qu’on a vécu dans sa chair et qui réclame réparation. Mais la haine aveugle. Elle ne mène à nulle part, car elle empêche d’analyser et de comprendre.
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