Ils ont détruit une ville sans aucune raison, jetant à la rue plus d’un million de personnes. De la délinquance pure et simple encouragée par des étrangers qui trouvaient là un moyen rapide pour pousser le pays vers les abîmes. Encore que nous n’étions pas trop loin avec cette lie de politiciens toujours au pouvoir. Des éléments des classes moyennes arrivistes, des hommes d’affaires maffieux ont trouvé dans ce chaos l’occasion de se bâtir des fortunes. Pendant ce temps, les politiciens profitent d’un provisoire juteux. Le peuple lui peut bien souffrir. On n’a rien à voir avec le peuple !
Nous vivons sans indignation, rabâchant une fierté qui n’est pas de mise, car la fierté va avec la capacité de faire à l’autre entendre raison, de le forcer à reculer quand il s’est avancé trop loin sur vos plates-bandes. On s’est foutu des policiers assassinés par les gangs dans des conditions souvent ignominieuses. On peut comprendre l’attitude des politiciens. Mais, dans beaucoup de pays, ces politiciens n’auraient pas osé manifester un tel mépris pour des hommes et des femmes qui risquent quand même leur vie pour nous défendre. La solidarité de corps a souvent causé de violentes crises politiques et provoquées même des coups d’État.
Les délinquants alliés à leurs complices au sein de l’État, totalement dans leur ignorance, pensaient que les Salvadoriens étaient comme les autres venus faire du tourisme militaire en Haïti et engranger quelques dollars pour plaire à leurs familles restées au pays. Mais les Salvadoriens ont toujours eu la réputation d’être un peuple fier, rancunier, violent même, mais pour qui le mot honneur a un sens. Alors toucher ainsi à quatre de leurs compatriotes qui n’étaient même pas engagés dans une lutte armée est quelque chose pour eux d’impardonnable.
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