Les futurs dirigeants du pays sont malheureusement ceux pour qui l’expérience de la stabilité institutionnelle représente une réalité purement exotique. Les jeunes leaders qui devraient maintenant se préparer à investir la scène politique n’ont vu, de leur existence, que les déboires d’une démocratie naissante. Est-il donc cohérent d’espérer l’avènement d’un leadership éclairé malgré la contamination de la conception idéelle de la politique ?
Haïti aura connu des années 90 à ce jour pas moins de 7 missions onusiennes avec des mandats aussi justifiables qu’inopportuns. Les résultats en termes de renforcement institutionnel sont loin de correspondre aux attentes de la société. Mais quelque part, la machine à crises, commandée par on ne sait qui, n’a pas cessé de favoriser l’adoption de résolutions sur mesure par le conseil de sécurité des Nations unies. Les mauvaises langues vont jusqu’à sous-entendre l’existence d’un business rentable.
Les missions de l’OEA, authentiques ou clandestines, sont depuis environ deux décennies, elles aussi, un élément incontournable du décor. Car, quand les positions se révèlent inconciliables entre les nationaux, l’organisation hémisphérique se donne le droit d’intervenir pour dicter ses leçons. L’autodétermination, ce principe fondateur de la nation haïtienne a été maintes fois piétiné sous les yeux d’une génération appelée à prendre le relais de la classe politique improvisatrice et corrompue.
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