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Éditorial

Une fabuleuse alchimie

Une fabuleuse alchimie

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Jusqu’à présent les gangs gardent la pression sur la zone de Pacot même si la Police Nationale aidée des brigades de la zone a réussi à repousser les bandits jusqu’à conserver un périmètre de sécurité dans la zone. Mais au cours de la nuit dernière, des bandits à moto ont tenté d’incendier des demeures.

On est toujours dans le questionnement ? Que veulent ces bandes armées qui ont achevé la destruction de notre centre-ville, pillé des écoles, des hôpitaux, des bibliothèques. Des milliers de citoyens ont fui leurs demeures. Quelle est la raison de cette violence aveugle ? Si elle est politique, on ne comprend pas trop, sauf qu’on est en droit de penser à des complicités à de hauts niveaux. S’il s’agit de délinquance, liée à une frustration et à une haine sociale, on est plus que mal parti. La haine sociale, elle est partout. Au haut de l’échelle où les quartiers populaires sont considérés comme des espaces négligeables, inexistants sauf quand ils peuvent être des réservoirs de vote lors des élections. On y a laissé prospérer sans état d’âme une infâme misère, une désespérance à couper au couteau. De l’autre côté, il y a la haine d’en face. De tout ce qui représente ceux qui ont la chance d’être de l’autre ``. On tue. On pille. On brûle tout. Le pays peut être transformé en une savane calcinée. Il y a ce politicien insipide qui avait parlé de tout détruire pour reconstruire. Il y a des esprits qui ne peuvent rien construire. Ils sont programmés pour le mal et la destruction. Rien d’autre.

On ne pourra commencer à penser à se sortir d’affaire que quand nous aurons des dirigeants concernés par la chose nationale. Le territoire dans son ensemble et la population dans son ensemble. Ce qui n’est pas encore le cas. Nous avons des dirigeants qui sont enfermés dans leur bulle et qui, bien qu’ils viennent d’un espace dégradé et oublié, s’adaptent facilement à un système d’apartheid dégradé et médiocre, qui est une version altérée de celui qui était en vigueur en Afrique du Sud à une époque donnée. Notre pays est au point ultime de ses conflits, de ses contradictions, de ses bêtises surtout.

Quand on voit les hauts fonctionnaires de l’État faire usage de leur sirène dans les rares rues qui nous restent pour ne pas poireauter dans les embouteillages, il y a de quoi se dire que notre comédie nationale a atteint un niveau supérieur. On est au niveau zéro de gouvernance, sous la coupe d’étrangers pour qui ce pays n’est qu’une aberration, surtout un lieu qui a la faculté extraordinaire de transformer la misère et la souffrance en or. Une fabuleuse alchimie maîtrisée par nos élites..

Gary Victor

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