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Turbulences

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Les départements du Grand-Sud et l’Artibonite paient au prix fort l’incompétence de Port-au-Prince dans la gestion de la crise sécuritaire.

Cela fait plus de deux ans depuis que la Nationale #2 est bloquée à cause des gangs. Cela a causé la faillite d’une multitude de commerce. Plusieurs hôtels ont été obligés de fermer leurs portes. Toute la zone de Mariani à Gressier qui vivait des plaisirs de la mer est totalement sinistrée.

Pour quitter Léogane pour venir à Port-au-Prince on a le choix entre prendre le risque de passer dans le fief des bandits, ou prendre la mer, l’avion jusqu’aux Cayes ou accepter l’aventure d’aller à Jacmel et d’emprunter la route des montagnes par Seguin et Furcy.

Dans le temps quand il y avait une vraie société dans le Sud avec ses leaders, les choses ne se seraient pas passées ainsi en douce. Car les citoyens du Sud, les commerces qui fonctionnent encore paient des taxes. L’argent de ces taxes est pour une capitale qui ne manifeste aucun intérêt pour le sort de ces départements coupés du centre.

La situation force le Grand Sud à s’organiser seul. La production qui s’écoule dans les marchés publics provient de nos paysans, de nos entrepreneurs et de la république voisine. Mais on comprend qu’il est inacceptable que dans une situation pareille les taxes collectées dans le Grand Sud soient récupérées par Port-au-Prince.

Car l’État a échoué complètement dans l’une de ses tâches prioritaires qui est de garantir la libre circulation des biens et des personnes. Des délinquants détruisent l’économie de quatre départements sans que cela ne semble pas trop préoccuper cette classe politique qui continue comme si de rien n’était à penser, à fonctionner comme avant.

On a décrété l’état d’urgence. Comme une incantation magique. Une formule qui aurait le pouvoir de capturer des énergies susceptibles de mettre à mal les bandes qui occupent des zones pourtant stratégiques du territoire national. Les citoyens, plus les jours passent, ont de préférence l’impression que la situation s’aggrave. Un autre poste de police a été pris par les gangs et démoli. Léogâne est dans la visée des gangs et rien n’est prévu pour s’opposer à une avancée des délinquants vers la Cité d’Anacaona ce qui mettrait encore plus en péril le Grand Sud.

On annonce la rentrée scolaire pour septembre. Dans les zones non contrôlées par les gangs nos enfants iront à l’école. À la capitale des milliers de déplacés occupent des établissements scolaires. Ces déplacés ne peuvent pas retourner chez eux en raison justement de la situation sécuritaire qui ne s’est pas améliorée malgré les promesses gouvernementales, malgré la présence des forces kenyanes... Des turbulences majeures sont donc prévues et l’école haïtienne va encore ajouter des vitesses à son fonctionnement.

Tout continue à aller très mal. Très mal !

 

Gary Victor

 

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