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Éditorial

L'épais brouillard de la guerre

L'épais brouillard de la guerre

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L'offensive israélienne contre la bande de Gaza a gagné en intensité. Le pilonnage systématique d'une cité meurtrie se poursuit au nom du droit de Tel-Aviv à se défendre. Toutefois, depuis plus d'une quinzaine de jours, on assiste à des opérations militaires qui rappellent beaucoup plus une « punition collective » que des mesures d'autodéfense. Et ce n'est pas fini : les bombardements ne sont que la préparation à une offensive sur le terrain qui a commencé il y a quelques jours avec l'entrée de blindés israéliens dans Gaza.

L'attaque du Hamas a sans nul doute été une terrible provocation, mais la réponse plus que musclée de Tsahal plonge des populations entières dans le noir de la mort. Jusqu’au 28 octobre, le bilan des victimes s’alourdissait à 7 703 morts, dont 3 595 enfants. Aujourd'hui, ceux qui parlent le langage de la raison, y compris certains rabbins juifs de New York, affirment que rien ne vaut une vie, quelle que soit la nationalité. « Un mort israélien ne vaut pas plus qu’un mort palestinien », scandent les manifestants réclamant un cessez-le-feu un peu partout dans le monde. Si les alliés inconditionnels de l'État hébreu affirment haut et fort que le Hamas ne représente pas le peuple palestinien, l’opération contre ce groupe ne devrait pas transformer la bande de Gaza, cette prison à ciel ouvert, en un enfer sur Terre.

Il est clair que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, ne décolère pas de s'être laissé surprendre par l'attaque du Hamas, et les tonnes de bombes versées sur Gaza rappellent la « revanche » d'un politicien déjà contesté à l'interne. N'oublions pas que le chef du cabinet israélien était juste avant les événements accusé d'empiéter sur certaines prérogatives constitutionnelles des autres corps de l’État. Et dans la nuit du samedi 28 au dimanche 29 octobre, il a reproché dans un Tweet aux services de sécurité de ne pas l'avoir averti de l'attaque. Ce qui a provoqué un malaise au sein du gouvernement israélien et une réaction outrée du ministre du cabinet de guerre, Benny Grantz.

Devant l'escalade d'une « guerre » qui menace d'embraser toute la région du Proche Orient, certains hommes d'État occidentaux commencent, sous la pression de leurs opinions publiques, à mettre un bémol à leur rhétorique de « croisade » contre le terrorisme. Devant l’ampleur des dégâts matériels et humains, l’Union européenne vient d’appeler à la création de « couloirs humanitaires » et même des « pauses » dans le conflit, sans oser malheureusement réclamer un cessez-le-feu.

Aucun appel à la raison ne semble pouvoir arrêter les faucons à Tel-Aviv et ailleurs, la tête dans le guidon de leur approche jusqu'au-boutiste. Le pire, c’est que ces va-t-en-guerre ainsi que leurs alliés ne comprennent pas que la spirale infernale de la violence aveugle ne contribuera nullement à la sécurité d’Israël et que seule la « solution à deux États » à l’intérieur des frontières bien définies devrait rester le seul but vers lequel tendre. Pour l’instant, l’épais brouillard des la guerre trouble la vue des grands de ce monde !

 

Roody Edmé

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